Ateliers d’écriture.s

Des espace-temps pluriel, souvent sujet à des enjeux dits littéraires et thématiques. On y joue l’écriture, on laisse les « ça » agir. On expérimente un genre, une idée qui n’était pas là avant, ou pas totalement et/ou on creuse dans ce qu’on écrit d’habitude pour voir jusqu’où ça peut aller. On en revient si on n’a pas aimé, pas grave, on aura essayé.

Chacun.e alimente le temps, l’espace et les vapeurs d’écriture du groupe, aussi. On entend des textes d’autres, et on prend, on digère, on recrache, on savoure, on refuse, on avance.
Je tente à priori de proposer des retours sur les mécaniques et les effets des textes produits en atelier, à chaud. On émet alors des hypothèses (sans jugement, sans psychologisation), on dit oui, peut-être, non, sans doute et on retourne parfois dans ses propres textes, ses habitudes et on confronte, on déconstruit, on réécrit, parfois.

Public-s

… adultes, adolescent.e.s, scolaires, « captifs », défavorisés, joyeux, laborieux, pleins d’élans, en train d’écrire ou au bord de l’écrit, …

En plus clair, j’ai animé dans des écoles primaires, auprès d’apprenant.e.s Alpha, auprès d’expats en mal de fiction, auprès d’ados placé.e.s  par la justice, auprès de personnes incarcérées du corps et de l’esprit, auprès de gens habituées à écrire et voulant décortiquer les habitudes, auprès de personnes âgées dans des homes encore plus âgés, auprès d’ami.e.s qui en décousent avec l’écriture, auprès de militant.e.s sans papiers, de militant.e.s féministes, de groupes de femmes bleuies par hommes et deuils, de personnes décalées en milieu hospitalier, et de gens heureux, aussi.

« L’écriture ne dit pas rien, elle ne dit pas quelque chose
et elle ne dit pas tout. »
Roland Barthes

Objectifs, spécificités

Le but est d’écrire, puis de lire, de s’entendre lire, de s’écouter écrire, de se dire OK.
Aussi de partager ses intuitions, des mots, de jouer avec tous les codes et de saisir les effets, ceux qu’on espérait et ceux qu’on n’attendait pas.

Les thèmes abordés durant les ateliers varient selon les lectures, la pression atmosphérique et les tendances du moment.

Plusieurs ateliers sont destinés à des personnes « acquises » à l’écriture et d’autres, à toute personne en hésitation, en désir.

Il y a souvent beaucoup de livres, beaucoup de ressources sur les tables… et puis parfois, presque rien, selon le lieu et les participant.e.s et les moments.
Le prérequis: Les livres sont nos amis.

De l’improvisation à partir des matières présentes, les « savoirs » (être et faire) des participant.e.s compris. Tout hasard est bienvenu.

« De l’infinie diversité des mots, de l’infinité diversité des comportements, des faits, des écrits et des événements, l’histoire fait ordre. Alors les mots disparaissent pour qu’en même temps s’éloigne le désordre des particularités, s’évanouisse le murmure assourdissant et chaotique de tout ce qui peut être dit. »
Arlette Farge
, Des lieux pour l’histoire.

Déroulement

Des artistes de tous les univers, plurivers sont présenté.e.s, utilisé.e.s, recommandé.e.s, parfois invité.e.s pour confronter leurs pratiques, et faire écrire le pluriel. Les styles et les expériences se coudoient, se mêlent. Les participant.e.s sont invité.e.s aux virages, aux cul-de-sacs et autres limites de l’impossible.  Très souvent, des textes ne sont pas forcément lus puisqu’écrits à chaud et pour le plaisir. Très souvent, des textes sont lus et obtiennent des retours circonstanciés sur leurs effets (jamais sur la personne ou sur base d’interprétation !) (par l’animatrice et/ou le groupe). Très souvent, des outils d’écoute des textes et de retour sont appréhendés afin que chacun.e puisse ensuite peaufiner son propre retravail.
Enfin, il n’est pas rare que d’autres pratiques (arts plastiques, mouvement, photographie, danse, …) s’allient à celle de l’écriture pour transformer, déformer l’acte d’écrire et l’écriture.

L’atelier pré-textes & sous-titres a déjà proposé quelques thématiques dans des lieux variés:

  • L’écriture du silence au Monastère de Chevetogne;
  • La narration qui fait peur dans une salle obscure du feu Cinéma Actors Studio;
  • Les féminismes et leur fictions à la Maison des Femmes de Schaerbeek;
  • Les écritures du hip-hop (projet d’un an), ateliers co-animés avec Vincent Tholomé au collège Roi Baudouin;
  • Oralités et corps en mouvements sur un plateau à 1100 m d’altitude des Pyrénées Orientales (France – au sein d’un stage de danse Buto);
  • Empowerment en écriture, à la résidence d’écrivain.e.s de la Mosane;
  • Nuits d’Encre (Ottignies, LLN), marathon d’écriture, de sérigraphie et d’affichage sauvage à l’aube;
  • Text(il)es, atelier co-animé avec la plasticienne textiles, Elise Patte, où le tissage de l’écriture et des fils;
  • Femmes Savantes à l’AKDT
  • Graphistolages, atelier co-animé avec le dessinateur Nicolas Marchant, où les dessins, les pratiques plastiques et l’écriture se sont emmêlés les pinceaux;
  • Chunky Charcoal, atelier commandé par/pour le Théâtre 140 autour d’une pièce-performative de l’écriture de fresque sur scène;
  • Serendipity, atelier co-animé avec la photographe de sténopés, Laurie Staquet, où les erreurs et les hasards de techniques photographiques et d’écritures expérimentales se sont impressionnées les unes les autres;
  • Démonter le livre avec des artistes venant de la reliure où l’écriture a tenté de s’empêtrer joyeusement entre les feuilles et les aiguilles;
  • Apocalypse.s, atelier d’écriture de nuit et de fins de monde sur un des terrils (Charleroi);
  • Illégal? à l’occupation de la Voix des Sans Papiers de Bruxelles (projet Zinneke)
  • Écritures, Boxes et Entre-Deux, atelier d’écriture ET de boxe, co-animé avec la boxeuse-sculptrice Philomène Zeltz, aux ateliers Mommen et l’une des tours WTC de Bruxelles;
  • Des animaux et des hommes, atelier d’écriture animé dans les abattoirs d’Anderlecht;
  • Livresse, ateliers de soirs dans des librairies (feue Livresse, feue 100 papiers, La Licorne, Les Yeux Gourmands, Papyrus, Tropismes, …);
  • Utopie-s à la Fondation Verbeke (proche Anvers);
  • Intime, Extime, atelier dans deux hôtels de passe bruxellois encore en activité.s;
  • Sortir de Soi à l’IPPJ de Namur;
  • Write & See à la galerie d’arts, Chantiers ArtHouse;
  • Ecritures de l’ailleurs au Comité Economique et Social Européen;
  • Choisir le temps aux Ateliers Mommen, dans certains ateliers d’artistes en amitié avec certain.e.s résident.e.s de la Cité d’Artistes;
  • Interférer, atelier écritures et photographies, co-animé avec le photographe-reporter Frédéric Lecloux à la Maison de la Francité;
  • C’est Normal! au Musée Arts&Marges;
  • Tournée des bars dans des bars de nuit toute une nuit;
  • Négritudes et Blanchités, atelier autour des questions raciales en écriture à l’Espace Césaire;
  • Entrain d’écrire dans des trains et dans des gares;
  • WELKOM au parc Maximilien (atelier improvisé suite à une manifestation contre les politiques migratoires belges)
  • Les indélébiles à la Maison d’Érasme (dans sa bibliothèque précieuse…);
  • Femina Corporis en écho au spectacle I-Clit (autour du / par / pour le clitoris) à la Balsamine Théâtre;
  • Poétiques de la Campagne dans l’ancien café de Lambermont (Gaume);
  • Sacré Cœur, une Saint-Valentin au Musée du Cœur du Cinquantenaire;
  • Les 4 Saisons du Fantastique à la Maison Cauchie;
  • Écriture de la perte au sanatorium / hôpital psychiatrique à Overijse;
  • Non-Assujetti.e.s dans un lieu militant Queer (Metz),
  • Extra-Muros dans une extension provisoire d’immeuble en réfection, extension construite à partir de déchets de chantiers (asbl Rotor);
  • Auto-Fiction-s ou l’écriture de résistances du NOUS dans une ZAD des Cévennes;
  • L’atelier pré-textes au café des joueurs d’échecs et de go ‘Le Greenwich’ (avant rénovation);
  • Exils à la haute école d’arts Le75;

  • …;

« C’est écrire qui est le véritable plaisir; être lu n’est qu’un plaisir superficiel. »
Virginia Woolf