Ce matin, un chasseur a tué mon humeur…

ce matin, mon crâne est investi, envahi et s’y mélangent…
une envie de dépecer un costume trois pièces, une humeur bouse de vache parfumée aux champignons vérolés, la sensation du corps enfoncé dans le sol, une répulsion des sensations fortes, une pile de calendriers déchirés, un désir ardent de cramer la moquette, une toux grasse, un coeur carnassier, une rage des dents contre leurs yeux clos, la colère du silence soumis des tributaires de salaire, un cierge pour Sainte Rita, la crainte de la lumière, une haine des nuages gris, une larme de cocker, la rancune des jours ratés, une amertume de la géographie contrariante, un visage en forme d’enveloppe, un téléphone décroché, une peur de Soi, une paire d’oeillères, une lampe à marée noire sans l’estomac, l’antipathie des gens communs, l’aversion d’un passé rescapé, une plante morte, le regard boueux, une haleine décaféinée, une visite chez Mamie Abandonnite, une lassitude exacerbée, un dessin de bras baissés, un manque, un mélande de brumes acides, un manque, un creux dans la carotide et un autre manque.
 
que quelqu’un appuie sur l’interrupteur, s’il me plait…

(Autoportrait de Frida Kahlo)

5 commentaires

  1. *Rallume*

    Le contre-coup, à contre-coeur, la fatalité, l’irreligion, ta sorcellerie, ta croissance….??
    On s’en fout.
    Mais faut que ça sorte !

    Merci pour Frida qui illustre, ici & maintenant PARFAITEMENT ce que j’ai en travers de moi.

    *Clic*

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