Ma lutte avec la mémoire des actes poétiques et des contributions, mon rapport aux résultats et mon jemenpresquefoutisme a réduit cette page à des bribes, certes heureuses et valideuses, tout autant, d’autres publications ont eu lieu dans des ouvrages collectifs, des revues militantes / artistiques et aussi dans des préambules des performances que je propose depuis 2006 et il s’avère que la publication d’un recueil ou d’un texte a chaque fois été un accident heureux, jamais une perspective en soi. Mais je m’y colle avec thorax fluide et gorge ouverte.
Intérieur Cuir – le fond de mes choses – 2008
« Le fond de mes choses
La civilisation me rend sourde / j’ouvre le regard j’observe les autres avancer / Je suis les ombres, grave une évidence / sur chacune de mes joues rebondies. / Les valises béantes, la mansarde déchiquetée, / j’amasse les miettes, récupère les rejets. / Pelotes de chairs sur un mur droit. / Ils montent dans les filets pendant que je creuse. / Ni vulgaire, ni banale, / quelques misérables cuirs en guise de peaux, / j’établis des nomenclatures d’assistanat, / au cas où une chute remplacerait mon immobilisme. / J’échafaude des truismes en cubes, / les décore de quelques superstitions. / La modération me rend malade, / son confort me tient en vie. Ce premier recueil lie des poèmes et aphorismes sans liaison, si ce n’est que parce que c’est le même corps qui les a digérés, métabolisés, régurgités. La majorité de ces textes ont été écrits pour la scène, avec l’oral sous l’aisselle.
La musique adoucit les morts – 2010 « Ah non, moi, j’aime pas manger chinois, c’est pas que c’est mauvais en soi, mais ils servent pas de pain. » Ce recueil est un amas-ramassis de paroles de bistrots, de voix de piliers de bars, de gens survivant dans la rue, de patient.e.s d’instituts hors cadre, et de ma voix intérieure qui a fait un stoemp saucisse de tout ça.
D’Immobiles voyages de transparentes intentions – 2015 (en 2 parties)
Elles sont amies – autrices – vivantes. L’une marche dans le monde, habituellement. Dessine aussi. L’autre marche dans Bruxelles et territoires connexes, souvent. Photographie aussi. L’une part loin. L’autre reste là. Une correspondance, une intention de lien et l’écriture de l’espace-temps entre les deux se tisse à travers un blog (http://correspondenses.tumblr.com/ (depuis devenu obsolète, merci tumblr… ;-((((). Le mouvement des corps et des esprits sera la matière première de leurs échanges. Carnets de voyages intérieurs, immobiles, grandiloquents, leur livret répond à l’étrange besoin d’écrire le chemin parcouru, d’espérer se perdre et se trouver. Exercice de sérendipité appliquée. Contraintes d’écriture pour le blog : Karen écrit à partir d’un téléphone Blackberry qui empêche souvent d’écrire des phrases en entier. D’où une urgence à écrire le maximum en peu de temps. Milady écrit dans l’article du blog directement, sans passer par la case document Word. Chacune poste son article sans édition (ou presque). L’orthographe, l’oralité, la syntaxe sont soumises à l’urgence, le format blog et l’envie de lettre sans brouillon. Le blog a gardé cette authenticité. Ce livret a permis une relecture, une édition afin d’être lisible pour et tourné vers d’autres lecteur.trice.s.
18 MARS Du C.U.M.A.A.I.T. (Collectif Utopique Militant d’Autrices et d’Auteurs Interplanétaire et Transgénérationnel)– 2017
Le CUMAAIT est né d’une blague. D’un défi lancé par Céline: si on fondait un collectif utopique ? Pour pouvoir atteindre l’utopie, et intégrer des fantômes, il fallait que le collectif soit fictif. Ne restait plus qu’à rédiger un manifeste. De quoi avons-nous besoin ? De quoi n’avons-nous surtout pas besoin ? Nous sommes parties avec notre manifeste en poche à la Soirée des Manifestes du Festival du Jamais Lu 2014, à Montréal. À la lecture de notre charte2, les auteurs présents ont voulu la signer. Tout au long du festival, de nouveaux membres signaient la charte, arboraient le badge, se lançaient la devise : Agir suffit, dans les couloirs du théâtre et jusque dans les rues. Très vite, le CUMAAIT a compté une centaine de membres de toute la francophonie. Depuis sa fondation, le CUMAAIT est invité chaque année par le Cocq’Arts festival pour une carte blanche. En 2014, le lancement belge du CUMAAIT réunissait 18 autrices/teurs pour une lecture sauvage. Pour le cabaret des auteurs de 2015, le groupe rock féminin Guys in the kitchen a mis en musique les chansons d’une dizaine d’auteurs/trices.Pour la carte blanche du 1er juin 2016, nous nous sommes inspirées d’une ancienne idée. En 1935, Maxime Gorki lance un appel à tous les écrivains : il leur propose de décrire un jour dans le monde. Quand le journal Izvestia relance l’initiative en 1960, Christa Wolf répond à l’appel et continue, jusqu’à sa mort, à décrire chaque 27 septembre. ET Nous rebondissons sur cette idée et proposons à 6 autrices (Céline Delbecq, Natacha de Pontcharra, Veronika Mabardi, Layla Nabulsi, Milady Renoir, Virginie Thirion), une photographe (Alice Piemme) et une créatrice sonore (Carine Demange) de décrire leur journée du 18 mars dans un texte de 6 minutes, une série de capsules sonores, une série de photographies.Cette matière a fait l’objet d’une lecture accompagnée d’images et de sons, le 1er juin 2016 sur la scène du Cocq’Arts Festival. A l’issue de la soirée, suggestion fut faite de laisser une trace de ce 2 juin.
Voici un extrait du texte lu durant la nuit de la poésie en 2016:
Participation ravie à Lettres aux jeunes poétesses chez l’Arche grâce à l’amitié avec Aurélie Olivier de Littérature, etc.
« Je t’invite à relier les points de ma cosmogonie, une invitation à dire du moi qui a galéré, autodidacté le phrasé. T’amener à me voir au milieu du cercle de poétesses disparues et/ou encore là, sans que je sois précisément fière, ni légitime de leurs héritages. Je peux déposer quelques miettes de toutes les nuits où la vigilance des mots m’a empêchée de sombre. De ça, je peux dire 2, 3 (cents) mots-clés. » (p. 65)
« Aux origines de ce recueil épistolaire, deux questions posées par Aurélie Olivier – autrice et programmatrice de festivals hybrides et hors-normes – à 21 poétesses francophones d’aujourd’hui : « Qu’auriez-vous envie d’écrire à un.e jeune poéte.sse ? Qu’auriez-vous aimé qu’on vous écrive lorsque vous étiez vous-même un.e jeune poéte.sse ? » Quoi de mieux que la lettre comme cadre commun pour pouvoir rendre compte de la double adresse offerte par ces deux questions ? « Ce que je t’écris est ce que je m’écris. Je ne sais pas qui tu es, m’écriras-tu à ton tour une lettre ? J’ai le désir d’un nous, nous de rituels, d’engeances et de pertes, d’un nous sans âge, sans corps même. » écrit Milady Renoir – avant de laisser ses coordonnées. Ce que la double adresse permet : briser les verticalités. Comment les transmissions circulent-elles ? Liliane Giraudon : « Sans partenaire, les dauphins se branlent contre un corail. Alors pour ce qui serait de l’absence de partenaire-lecteur, on peut toujours trouver des solutions. » Lettres aux jeunes poétesses réunit une communauté armée et démunie, grave et onirique, drôle et pragmatique, pour un sabbat de Shéhérazades aux prises avec un corps aux mille et une réalités : écrire. Fantasmes dépecés, conseils dévissés plutôt que donnés, sans unisson : nos 21 poétesses disent toutes ce que cela sauve, remue, déplace, transforme, manque, retire, de s’atteler à (se) dire. Comment prendre langue permet de prendre corps, aussi : « Ce qu’écrire nous fait ? Ça nous tue : en beauté. Sans doute est-il là, le partage. Dans ce qu’écrire griffe à (la) mort. Savoir que tu es là, que toi aussi tu fais l’écart, bien sûr que cela sauve… » (Edith Azam) » in revuedissonances.com/collectif-lettres-aux-jeunes-poetesses/
Ah tiens, revue Dissonances dans laquelle j’ai publié qqs textes et pour laquelle j’ai « mis en images » le N°20 MAMAN quelques unes des diptyques que je photographiais entre 2011 et 2019:
« D’un ventre à l’autre, de partage à tâche, il est une maternité par femme. Une mère par homme. Les identités meurtrières, les miroirs brisés, tous ces corps motorisés, schématisés avec une transmission sanguine, une veine émotionnelle. Toutes les mêmes, sauf ma mère, par… » IMAGES : Milady RENOIR
La séance #6 podcast des Parleuses de l’association amie Littérature, etc. a mis en lumière mon lien poétique et plus avec le spectre vaste d’Yvonne Sterk, première Fedayin belge engagée auprès du peuple Palestinien et libanais, aussi co-fondatrice d’un cours de poésie dans une haute école pour secrétaires, elle-même journaliste free-lance, poétesse née dans le Limbourg et secrétaire de l’OLP (section belge). 2019 au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris
« L’association Littérature, etc. m’a donné carte blanche il y a quelques mois pour établir-construire une relation littéraire avec une femme de la littérature belge au nom de la mise en lumière du matrimoine littéraire. Le projet global se nomme Les Parleuses, la marraine est Chloé Delaume, la directrice est Aurélie Olivier. J’ai choisi Yvonne Sterk, pour une alliance poésie-politique qui me porte / me portera-it encore longtemps (?). J’ai pu travailler la matière mémorielle politique avec l’aide préci(eu)se de Lucas Catherine, un historien des colonisations (Congo & Palestine) et Myriam de Ly et Jean-Marie Flémal tous deux de la plateforme Charleroi-Palestine pour les traductions et les mises en lien. A la fin de l’enregistrement de la lecture, laquelle était augmentée de chants et d’images, j’ai lu mes remerciements et les replace ici pour afficher ma reconnaissance:
« Pour rencontrer Yvonne Sterk encore mieux, certaines des archives de et sur Yvonne Sterk se trouvent au Centre de l’égalité de genre Amazone à Bruxelles. Une biographie détaillée dans laquelle j’ai beaucoup pioché, accompagnée d’une sélection de ses poèmes, se trouve dans l’ouvrage « Van verre kusten van verlangen. » (Des rivages lointains du désir) de Lucas Catherine, aux éditions EPO publié en 2005. Des poèmes figurent également dans de nombreuses anthologies en Belgique et à l’étranger. Certains d’entre eux ont été traduits en russe, en hongrois, en roumain, en bulgare, en néerlandais, en arabe. Cette lecture est une mosaïque de plusieurs ressources dont une grande partie est tirée du savoir mémoriel et politique de Lucas Catherine, des nombreux échanges bienveillants et militants avec Myriam de Ly, et le soutien de Jean-Marie Flémal, tous deux de la Plateforme Charleroi-Palestine. Remerciements aux membres des Bruxelles Panthères, à Eva et Harry de la CSC, à Jaïda, à Mustapha, et à Nicolas Marchant pour son assistance technique et morale, à Modou et Cassius pour leur présence, à Aurélie Olivier pour sa confiance sans faille ni scrupule, à Marie-Eve Tossani et Stéphanie Pécourt et le centre wallonie bruxelles pour l’accueil, le suivi et la disposition, aux participant.e.s de l’atelier d’écriture de cet après-midi, à Alexandra Dols et Dr Samah Jabr pour l’impact de leur travail, et aux poétesses qui métamorphosent la lutte en mots qui ne font pas moins mal mais qui diluent le sang avec l’eau, l’aube et la terre pour faire corps de poésie. » Lien vers le podcast: litterature-etc.com/yvonne-sterk-1920-2012-par-milady-renoir/
Qqs dates aussi rappelées pendant la lecture et l’atelier d’écriture que j’ai animé l’après-midi du 16-11-2019: 1917: La Grande-Bretagne, par la lettre de son ministre des Affaires Étrangères, Lord Balfour, promet d’oeuvrer à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. Sans même avoir la souveraineté sur le territoire et sans consulter la population locale. 1947: l’ONU décide de partager le territoire: 55% pour un état arabe, 1% de zone internationale (Jérusalem et les lieux saints). Logiquement, le plan est refusé par les Arabes. La 1ère guerre israélo-arabe se solde par l’exil de 750 000 palestinien/nes (la catastrophe ou la nakba en arabe) et par l’annexion de plus de territoires par Israël. 34 résolutions de l’ONU ne sont pas respectées depuis 1947 par l’état d’Israël. 1967: Guerre des six jours: Israël, à la suite de cette attaque nommée “préventive” occupe la Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza, le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien (rendu en 1979), soit l’intégralité de la Palestine historique. IsraHël lance également le processus de colonisation de ces territoires, toujours en cours à ce jour. 2017 et aujourd’hui les palestinien.nes vivent sur 12% de leur territoire initial. Une terre morcelée, Gaza, Jérusalem et la Cisjordanie. Une terre occupée par l’armée israélienne, quand elle n’est pas sous blocus complet comme à Gaza. Une réédition du recueil « Rempart de sable » est en construction pour 2020, année du centenaire de la naissance d’Yvonne Sterk, grâce à l’accord de principe passé avec l’éditeur l’Arbre à Paroles, maison soeur des éditions Maelström. Votre écoute et vos éventuels retours sont bienvenus. C’était un moment important pour moi ce 16 novembre 2019, au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, entre les pensées vers le peuple palestinien et les décombres vus par les médias à Gaza le 15 novembre au soir.
Le travail de Maquis intérieurs avec Faïza Hirach, Araba bni Snassen et Alexandra Dols. Lecture performée créée pour le Festival Bâtard en 2024, puis reformulée et rejouée lors de plusieurs évènements poético-politiques dont
Le travail d’écriture, de montage avec la réalisateur Nizar Saleh ainsi que des membres de plusieurs collectifs dont la voix des sans papiers de Bruxelles, Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations, et le séminaire Critical Race Studies, et de Zintv vers le film Tout contact laisse une trace et le dossier d’accompagnement pédagogique.
De nombreux poèmes sur plus de 20 ans, certains en lien avec les luttes sociales, comme avec la Litanie de la cérémonie du collectif des mort·es de la rue, comme avec les Fruits du Baobab avec la Voix des sans papiers de Bruxelles, comme avec Fleurs de Funérailles durant le COVID19, …
« En deux temps »
Aller de l’avant Souvent vite Souvent trop Chantiers, grues, étages Les pelles, les sueurs, Les salives, les truelles Poisse, poussières, systole Aller de l’avant Souvent serrer les dents Souvent serre les fesses Compiler, s’étendre Les projets, des enfants, Sans projets, sans enfants, Fonder, confondre Aller de l’avant Des questions trop vite Des réponses jamais assez Du hors piste, ou des fausses Chercher du semblable S’incliner pour du probable Crescendo, fortissimo Aller de l’avant Ivresses, vérités, grêles, Réflexes, ellipses, prodiges Chiens de… fusil paille faïence
Aux aguets La vie aboie
Aux aguets La vie aboie
Aller de l’avant (…) ellipse
ton départ, le vrai. La douleur mord. je marche je me pose j’angoisse je me recoiffe je ressasse chaque vêtement je défroisse chaque inconvénient je délasse je baisse le front je pleure des cils j’écris sur la stèle j’écarte mes côtes je réclame de l’air je vois tes pas sur le seuil je suis garde-barrière je filme notre hors-champ je bois mon trouble j’imprime les souvenirs j’agrafe les silences je scotche ton dernier sourire je vague d’avant en arrière
Cri ? Blasphème ?
Rage ? Questions ?
Doutes ? Dans la nuit
Le loup se détourne L’effraie s’effarouche La biche close ses yeux Le chagrin sort du bois.
(…)
Aller de l’avant ?
Mon cœur ouvre une clairière A chaque avant, un après Que la terre te soit légère Ton amour est engrais.
(Poème à découper selon le.s fragment.s qu’on veut garder)
Laurence Vielle lit un poème inédit de Milady Renoir, « La Rue est mal élevée » le 07 avr. 2020 à 09:00•2 min Écouter – Carine Bratzlavsky et Laurence Vielle – Musiq3
Extrait de La rue est mal élevée, poème bien plus long écrit pour le programme du Parti de la Poésie en 2017 (je crois):
La rue a mauvais genre La rue dévie des droites, de ligne et de parti, La rue traite les hypoténuses comme des abus de langage, La rue est la langue des peuples, La rue inonde les murs d’encre et de signes, La rue est la naissance, sa mort, sa renaissance, La rue est mal élevée, La rue pisse debout, assise, à quatre pattes, La rue désenfouit les origines communes, La rue attrape des maladies, des papillons La rue a mauvais genre La rue converge les luttes, les putes, les mecs en rut, La rue radote, des cris de gueux aux fanatiques de dieu, La rue est orpheline mais pas infertile, La rue ne chuchote pas avec les yeux, La rue harangue au tambour, La rue est mal élevée, La rue, c’est pas un projet bioéthique à développement durable La rue, c’est pas un laboratoire du vivre-ensemble repentant, La rue, c’est pas un espace vert ou jaune ou bleu ou… La rue, c’est pas une réserve naturelle pour tourisme de masse, La rue c’est pas un safari pour flics malformés, La rue c’est pas une ZAD à grenader, La rue c’est le syndicat du pavé, La rue, c’est le désir du désordre, La rue est mal élevée, La rue commence au ras du sol, avec des pas, La rue, une mère qui élève mal mais qui laisse grandir tout autant, La rue riposte à la frontière, La rue, porte de la loi, fenêtre avec vue sur le manque de droits, La rue où craquent les vernis, Dans la rue, on ne naît pas vivant, on le devient, La rue est mal élevée, La rue laisse mourir entre ses bras froids, La rue cible les sans papiers La rue compile les cris, les rires, les crises et les méprises, La rue, palimpseste des impuissances, La rue décide du sort, joue du destin, Hécate au rond-point,
Mais
La rue, demain le jour va encore s’y lever, Et faudra bien penser à bien l’occuper, jusqu’à ce que les chants des opprimés passent d’un vague écho à un cri d’unisson. La rue est mal élevée et fière de l’être, La rue, ça ne fait que commencer.
Sans trop de principes ni scrupule, Milady Renoir est dilettante, tente de densifier ce que c’est d’être au monde, au sein de poèmes crus, de performances de corps, de gorges au milieu de gens. Metteuse en scène de ses désirs et coups de gueule, entre grande gueule et petite frappe, la poétesse cherche un chemin-virage, un élan-plein dans les luttes auprès de femmes, de personnes sans papiers, et d’autres singularités à aimer. Publiant chez Maelström, des revues d’arts, de sociétés, elle anime des ateliers d’écritures et des réseaux militants.
Milady Renoir, une poétesse bruxelloise. Son élan poétique engagé, « un vent actif qui déracine la gangrène », est pour moi un phare permanent. (Laurence Vielle)
La poésie, c’est l’oreille de Van Gogh qui résonne de tout le sang du monde. Lawrence Ferlinghetti, » Poésie, art de l’insurrection » Editions Maelström, 2012
« Les femmes ne sont ni passives ni soumises. La misère, l’oppression, la domination, pour réelles qu’elles soient, ne suffisent pas à dire leur histoire. Elles sont présentes ici et ailleurs. Elles sont différentes. Elles s’affirment par d’autres mots, d’autres gestes. Elles tracent un chemin qu’il faudrait retrouver. Une histoire autre. Une autre histoire. » Michelle Perrot, La femme populaire rebelle, 1979
Murs innocents de A. Laila & Jean-François Ravagnan Traduit de l’anglais avec et par la poétesse amie Milady Renoir publié aux Midis de la poésie – Date de parution : mars 2022
« La vie courte, le chemin, long. J’écris ce que je vois, mais je veux voir, ce que je compose. Je ne pense pas, je considère et rêve. J’allonge ma main vers l’avant, mes pensées se prolongent et dansent dans l’air. La lumière joue avec mes idées. Des ombres s’arriment, alors que mes pieds sont attachés au plancher. »
A. Laila. : Poétesse, écrivaine, chercheuse en sciences sociales, elle se considère comme une « voyageuse » entre l’espoir et la révolte. Dans son quotidien d’exilée, elle s’efforce de créer avec la vigueur de l’instant présent. Avec ses visages multiples et son esprit métissé, elle demeure une « enfant curieuse » de son époque.
Jean-François Ravagnan: Photographe et réalisateur, il traverse régulièrement les frontières avec la nécessité de perdre ses repères pour « regarder » à nouveau. Tel un carnet de note en image, son travail collecte au dos de chaque images le souvenir d’un espace-temps impossible à revivre.
Aussi autrice et « modératrice » de nombreux entretiens avec des auteurices dont celui avec KisKeya, publié au CESEP: Autof(r)iction Par Milady RENOIR
Un récit intime de construction politique de Milady Renoir, miroir d’un entretien avec Kis’ Keya, réalisatrice Afro-Queer, ou comment la liberté de (se) dire, d’agir contre la gentrification de l’esprit et la colonisation du corps s’acquiert ? Peut-être en triturant un symbole de fictionnalisation, la chimère, de celle qui multiplie les avatars et les définitions variables selon le moment où on la perçoit.
Autof(r)iction Au-dessus de mon lit d’enfant, à l’étage d’un café de gare de Chelles-Gournay, ville-dortoir du fameux 9–3. Territoires brouillés entre immeubles de banlieue (lieu-banni), centres commerciaux et zones pavillonnaires. Portrait sépia de de Gaulle, dédicacé à mon grand-père, ex-pompier de Paris, réparateur d’armes de service de la Gendarmerie Nationale. Chat sauvage déchirant le poitrail d’une perdrix – les deux empaillés. Affiche électorale de Pêche, Chasse, Nature et Tradition1. Collection de miniatures d’avions de chasse (modèles de 1945 à 1985). Boites de cartouches calibre gros gibier pour dégorger ses gonades le dimanche à la campagne.
Apprendre pour vivre, vivre pour apprendre au fronton républicain de l’école primaire. Jules Ferry et ses potos bien blancs-mâles-bourgeois font illusion quand j’entends le (dis-)cours d’éducation civique. On nous dit égaux, frères (pour sœurs, c’est en bas de l’échelle), libres. La “diversité” culturelle à Chelles-Gournay n’est pas un concept sociologique creux, les migrations « nécessaires » à la « reconstruction » de la France (main d’œuvre contre palier d’HLM) nourrissent mes jeux de préau, ma construction d’alliée. Nous sommes 1/3 blanc, 2/3 non-blanc. Blanc n’est pas égal à français, aussi droit-du-sol soit la France, je le capte très vite, même si je suis moins cible vivante. #CheckYourPrivileges. Après l’école, pas le droit de sortir, ni d’inviter des copain.e.s à la maison. Devise familiale : Sécurité, Chasteté, Blanchité 2. Au collège, des profs font fi de la République, en proférant moult insultes racistes* et/ou islamophobes* (si, si, déjà) et/ou sexistes* (*ne rien biffer, toute mention utile), recouvertes d’ ‘humour’. Mais qui sont les Maîtres ici ? J’enfile mon costume de déléguée de classe chaque fin de trimestre. Conseil de classe d’orientation (14-15 ans), les ados maghrébins et noirs ou blancs pauvres poussés vers les sections techn(olog)iques, les filles vers gestion et secrétariat. J’en rajoute ? Ben, à peine. #RacismeSystémiqueAuPremierRang. Au lycée, rengaine… pétards, bagarres éclatantes, suicides de profs peu formés, potes contrôlés si plus-de-3-en-bas-d’un-immeuble, bastonné.e.s par la police, pas d’emploi pour toi, propos politiciens locaux ou nationaux plus-que-fachos. A mes 16 ans: rosier blanc et blague du jour: Tu nous ramènes pas un noir ou un arabe à la maison ! Mon intime s’est formé au positionnement contre les rapports de domination, contre mes héritages d’identité, d’idées, de dénis. Mauvaise graine in-née, j’pars en apnée face au consortium école-famille-norme-dogme-libéralisme-utilitarisme-surplomb. Je lis L’impératif transgressif3 en cherchant, en cherchant, en cherchant. Ruptures et lectures ratifieront mon Non social, mon Non familial, mon Non politique. Mon corps sort des gonds. Je jouis auprès de corps qui pensent révolution qui agissent piratage qui (se) désaliènent d’esprits qui refusent qui rapent qui écrivent qui témoignent de corps qui dansent qui luttent qui enragent de corps qui crèvent plus vite aussi. Incrémentalement, mon terrain de je exige d’être de l’autre côté des tueurs et leur jeter des pierres, car ce sont eux qui ont commencé.
Être un.e pirate n’est pas sans risque. A l’assaut… des navires qui battent pavillon « capital », des serrures des coffres saturés de conneries que l’on ne cesse de dénoncer, du racisme, du sexisme, des violences qui claquent au vent des extrêmes. C’est que le monde change ? Alors ils tiennent, ils tiennent, les négriers du monde, ils serrent tous les nœuds marins possibles, intenables pour maintenir l’illusion, pour que passe la pilule, pour que s’oublient nos Mémoires. Nous pardonnons mais nous n’oublions pas4, disent-Elles. Devise de nos combats. À l’abordage, bordelle! A l’assaut des canons, des dorures et des cales inondées. A l’attaque, bordelle ! La victoire est au bout de nos mots, nos poings, nos actions. A l’assaut, Pirates ! La lutte n’est ni sans risque ni sans peine mais… ne vois-tu pas poindre l’horizon ?
Joëlle Sambi Nzeba, artiste lesbienne noire
« Extranostro, Corps Noirs Queer5 Insoumis et Fiers » Propos de Kis’ Keya, recueillis par Milady Renoir
Projection de la Web Serie ExtraNostro réalisée par Kis’ Keya 6 lors de la soirée à Point Culture, Decolonization will not be televised. Différent.e.s intervenant.e.s discutent des lieux de décolonisation : dans les arts, la culture, les récits et dans les corps, les esprits. ExtraNostro ? web série, accessible à tout.es, partout, tout le temps. Format court, diffusion sur Internet, gratuite. Kis’ a présenté le film en Côte d’Ivoire (après Paris, Montréal et Bruxelles) dans une boîte gay, à priori avec un public avisé mais la discussion a pris un tournant pédagogique, évoquant les complexités identitaires et des besoins d’exister de manière définie, catégorisée. Genre : Suis-je bi? Suis-je lesbienne si je suis une femme trans. amoureuse d’une autre femme? etc. Cette finalité espérée a concrétisé un des pourquoi de la série. Dans certains milieux militants au « Nord », on tente de déblayer les barrières, issues des modèles normatifs et dominants. A ce moment là, « là-bas », la nécessité de poser des identités, voire des étiquettes pour se situer s’est imposée.
ExtraNostro répond à l’obligation de la visibilité, de la représentativité de corps non-hétéronormés, pour la construction de soi, individuellement et pour la construction collective. Décoloniser les esprits ? Autant pour les personnes noires gays qui cherchent à recouvrer leurs fiertés, affirmer leur beauté que pour les personnes blanches, pas ou peu habituées à voir des corps noirs gays fiers de l’être. Pour l’instant, au cinéma, être noir.e est une fonction, une définition de personnage (NDLR: cf. en France, avec Noire n’est pas mon métier, essai collectif initié par l’actrice Aïssa Maïga – Éd. du Seuil, 2018), un alibi sans complexité ou un stéréotype tel le “meilleur ami gay noir folle” qui représente la créature nocturne dépolitisée, schématisée. Quant aux lesbiennes noires dans le cinéma francophone, elles sont complètement inexistantes pour l’instant. Dans le combat de cette visibilité gay, le.la gay noir.e n’est pas d’actualité, surtout pour les réalisateur.trice.s blanc.he.s.
Pour Kis’, pour les communautés Queer et/ou Racisées 7, faut parler soi-même de soi-même, « on est poussé à le faire sinon personne ne le fait ou le fait mal ». En Belgique, le constat de la fameuse “diversité”, mot pare-feu, est pauvre. Kis’ l’a expérimenté en tant que réalisatrice noire depuis des années. « Le cinéma est le média le plus cher en termes d’équipe, c’est plus difficile d’avancer seul.e. On frappe tou.te.s aux mêmes portes. Au delà d’une précarisation du milieu, il y a les couches supplémentaires de racisme, de sexisme. Le format Web série a permis d’être à la fois professionnel, rapide, autonome ». La stratégie de Kis a été de légitimer son travail par le résultat. L’attrait suscité par la suite et l’émulation médiatique poussent les institutions à décaler leurs habitudes.
Se poursuit ensuite le travail débuté en amont de communication ciblée. Dès le crowdfunding lancé pour réaliser la série, la conscientisation s’est articulée sur différents publics: hétéro / LGBT+8 blanc / hétéro noir / LGBT+ noir lui-même. Un ciblage sans hiérarchie accompli chaque fois de manière différente. Dans tous les cas, il y a demande d’éducation, d’information sur les questions afro queer. Quand Kis’ entend, lors des présentations de la série : “enfin quelqu’un.e qui me ressemble”, la série remplit une mission. Plus généralement, il y a une émergence culturelle et médiatique sur les sujets décoloniaux, cette série «répond» à cette actualité, même si « le public francophone (Français, Belge) est encore dans son rapport colonial aux noir.e.s. Le.la noir.e n’est pas un.e partenaire, un.e collaborateur.trice à égalité, c’est celui.celle qu’on aide, souvent malgré lui.elle, selon ce qu’on a déterminé qu’il lui fallait ». Parallèlement, son travail vise aussi à toucher les familles et communautés noires sur la question de l’homosexualité, souvent taboue dans les diasporas africaines, dans les pays africains.
Pour sensibiliser, le ton d’Extranostro est volontairement léger et touche les concerné.e.s, les noir.e.s LGBT+ : « Leurs vies ne doivent pas toujours être difficiles, tragiques, et si ça l’est, c’est important de pouvoir se transporter ailleurs, dans un monde réinventé, pas spécialement utopique mais à portée de main » et se tourne aussi vers les familles des personnes noires LGBT+, parfois réfractaires, moralistes ne connaissant pas (encore) cette réalité. Kis’ a utilisé un timbre qui n’enferme pas, qui séduit et embarque avec douceur, avec humour, sans nier pour autant les problématiques d’homo-& trans-phobie, de racisme : « Les corps dans ExtraNostro ne se cachent pas, ils revendiquent de la sensualité, de l’humour, de l’amour, même de l’arrogance. L’amour et l’arrogance sont les caractéristiques les moins autorisées aux personnes LGBTQ+ dans le cinéma, et encore moins quand ils.elles sont noir.e.s. »
Le militantisme féministe de Kis’ a débuté avec la peinture, dans un besoin de légitimer son corps noir cambré qui était sans cesse fantasmé, essentialisé ou raillé (cf. fétichisation du corps noir féminin). Sa pratique artis- tique est libération, pansement, invitation. Kis’ cherche à comprendre et à faire comprendre les disjonctions et les alliances politiques par l’image, le corps et la narration. « Les termes afroqueer, afroféminisme, afropéen sont arrivés depuis quelques trop récentes années, et même s’il est regrettable d’avoir eu à faire apparaître ces appellations catégorisantes, si cela révèle le manque d’universalité et d’inclusion de certains mouvements de pensée et représentations, cela fait énormément de bien de se trouver une petite place quelque part, une place qu’on a construite soi-même ».
Kis’ Keya 9 incarne la non-binarité, autant à propos du genre assigné à la naissance que pour les réductions de pensée telles que bien/mal, corps/esprit. Kis’ se réincarnera volontiers en « Erzuli la Rouge, une déesse vaudou puissante, ni bonne ni mauvaise, divinité de la beauté et de l’amour, elle incarne une figure à la fois désirable et repoussante, pleinement ce qui est l’entre deux et l’un.e et l’autre à la fois ».
1. Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) est un parti politique français, créé en 1989. 2. La blanchitude ou blanchité, voire whiteness en anglais, est un concept des sciences humaines contemporaines qui permet de penser le blanc comme une couleur de peau qui produit les autres. 3. Texte de l’autrice afropéenne Léonora Miano : cases-rebelles.org/limperatif-transgressif-de-leonora-miano/ 4. « Forgive, don’t forget » – devise d’une partie du mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis 5. Queer est un mot anglais signifiant « étrange », « peu commun », « bizarre » ou « tordu », il est utilisé pour désigner l’ensemble des minorités sexuelles et de genres : personnes non-conformes aux normes de genres, 6. Et produite par Madjiki prod. 7. Le terme de raci(ali)sation désigne le processus par lequel une personne est, en raison de certaines de ses caractéristiques, assimilée à une race déterminée. Racisé.e désigne les personnes victimes du racisme systémique. Voir etatdexception.net/ce-que-le-mot-racise-e-exprime-et-ce-quil-masque/ 8. Acronyme pour lesbien, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexe ou asexuel, +++ 9. Kiskeya est le nom d’Haïti (Ahatti en taíno, langue arawakienne parlée par les Taïnos, peuple indigène des Caraïbes décimé en moins de 30 ans par les colons européens dès 1492).
Lecture – Rencontre entre Nathan Trantraal et Milady Renoir en 2020 (en anglais et variations)
Entre Grahamstown (Afrique du Sud) et Bruxelles, dans le cadre de la 9e édition du festival Littérature, etc. dédiée au thème Conflits et soumise à l’épidémie du Coronavirus…
Nathan Trantraal is a comic book artist, columnist, screenwriter, and poet from Cape Town. His work includes the graphic novels Coloureds, Stormkaap, and Crossroads. He has also done weekly cartoon strips for the Cape Argus, Cape Times, and Rapport. He writes a biweekly column for Rapport called Sypaadjies. Nathan has published two collections of poetry: Chokers en Survivors (2015), which won the ATKV Prize for poetry and the Ingrid Jonker Prize, and Alles het niet kom wôd (2017), which won a SALA award. In 2018, he published Wit issie ‘n colour nie, a collection of columns and essays. He is the 2018 Jan Rabie Marjorie Wallace bursary holder and has a master’s degree in creative writing from Rhodes University. When he’s not working, he spends time with his wife and daughter or watches old Italian neorealist films and, when that feels too much like work, he watches unrealistic American action films.
Autoportrait (ancien nom de Selfie) de 2008
Ecriture et soutien à la dramaturgie sur la lecture spectacle: Mon corps est chaud, la nuit est fraiche en 2020 présentée, entre autres lieux, lors par exemple, d’une soirée érotico-littéraire dans le cadre du festival « Paroles d’Hommes »: Une exploration qui donne voix aux multiples facettes du désir et du plaisir féminins à travers les textes enflammés de huit autrices belges, spécialement rassemblés pour l’occasion dans un écrin visuel et sonore. Un kaléidoscope sensuel, aphrodisiaque, percutant, sans tabou. C’est beau, c’est bon, ça gêne, ça donne envie. Du pur plaisir ! Textes de Myriam Leroy, Adeline Dieudonné, Stéphane Bissot, Isabelle Wéry, Véronika Mabardi, Joëlle Sambi, Milady Renoir et Elisa Brune. Mise en lecture : Stéphane Bissot, assistée de Milady Renoir. Avec Eline Schumacher, Stephane Bissot et Isabelle Wéry. Création sonore : Marc Doutrepont. Création images : Sarah Hirtt. Dessins : Emilie Praneuf. Une production des Midis de la Poésie, en partenariat avec La Vénerie et Kissing Moon.
J’y suis presque (version « courte »)
Typiquement moi ça, le presque Lui… ? sûrement plus jusqu’auboutiste que moi Un rapport à la mort plus simple peut-être A moins que l’aspect faut en finir est un principe, un héritage Mon presque, c’est le temps qu’il faut pour que Clito palpite Que Labia et Labia s’agitent Que My Sweet Cyprine régurgite Mais mon presque agit aussi sur Bite qui Vaille que vaille plus vît(e) Ahhh le dire, l’entendre, que le presque, c’est ça le meilleur Oui, bien entendu, la tension tétons-dermes-yeux brouillés C’est évident que le presque a quelque chose de jouissif déjà Et que mon presque entraîne ton environ J’y suis presque Séduction, mise en bouche et autres salivations Apogée par monts et par vaux Ce moment délicieusement Con Quand ton corps et ton esprit font des pauses de dignité Quatre pattes ou 60 plus 9 ou tiercé de trous les comptes sont presque bons Les chiennes de prairies sortent des terriers Les carottes bouillies ont des vapeurs Ça suc ça s’épine ça con-verge Bref, on est pas à un jeu de mot pourri à une insulte pleine de bouche Dans la rue, tu m’plottes le cul ? je t’épingle le scrotum Dans le rut, tu m’grottes le cul.. je me cingle le sacrum A dada sur mon baudet je me faufile entre les sillons Ça s’bouscule au portillon J’y suis presque Terreurs nocturnes entre les poils on vrille s’éparpille les lieux sont des coins La coupe sera bientôt pleine Non, mais attends monte pas le blanc en neige J’veux du cuir…. j’veux du soleil… j’veux pas tomber, j’vaux bien une apnée Je suis vraiment pas chiante je te demande du presque j’ai envie qu’on me triture pas qu’on me désinfecte j’ai le cœur dans la culotte, pertes et fracas M’appelle pas ma poule, roule moi des pelles Pas de règles, un peu de sang, du presque, vraiment J’y suis presque Je suis la faune l’uranium la glaise la verdure au vent le trou noir Brames de cerf entre les tempes Va falloir griffer le sommier pour éviter de craqueler Eros tire la langue à Thanatos Potentialité des jouissances multiples Mais si, quand on complique, ça procure la vie Priape-toi, petit Pan du quartier nord C’est pas toi qui vient,c’est moi qui t’amène Tire sur mes ongles, étire mes couennes Balance ton sort, viens, on jouit… Non attends, on rit, j’rigole j’ai cotisé avec d’autres avant toi Je veux mon presque J’y suis presque J’ai dit presque … pas ayé, ‘spèce de boulet Sauce lapin hein ? J’ai dit presque Mais oui, ça fait une heure que je dis presque Mais c’est pas une marque déposée hein C’est pas le programme social de l’Elysée hein Tu disais quoi tantôt ? Mon presque, c’était le mieux pour nous, non ? Le presque, tu sais, mon concept longuement explicité le préambule, l’incipit, l’orée du bois Mon presque, pas ton déjà Allez J’y suis presque encore un peu, chèvre braisée prête à baiser Ma cheminée toute maculée de ta suie molle, de ton cambouis laiteux Donne moi le la, et le si Re-Dis moi oui Andy Joue moi un air de fête dans ton petit bal perdu Mets un masque Pète le feu Service après vente, allô Remets le couvert Free Willy Le gland bleu #BalanceTonMort J’y suis presque J’y suis presque Presque Presqu… J’y suis J’…oui…
épaule gauche de Joëlle Sambi dans la confection du recueil Caillasses d’abord sorti à l’Arbre de Diane, puis réédité à l’Arche, aussi oeil extérieur sur le spectacle Angles morts – Scène croisant le spoken word, le krump et la musique live dans une esthétique à la lisière du concert et du solo slam.
Opéra Rock écrit en 2009 – mis sur scène texte repris en 2026 vers une éventuelle publication
Participation presque involontaire à cette anthologie de poètes·ses « belges » à destination des écoles de la Belgique francophone (2014)
Piqués des vers ! est un panorama du paysage poétique de la Belgique francophone. Un éventail de poèmes pour tous les goûts. Un choix éclectique d’auteurs connus, oubliés ou encore à découvrir. Une véritable anthologie. Cette édition revue et corrigée du 300e livre de la collection Espace Nord rassemble pas moins de 300 coups de cœur poétiques de quelque 200 auteurs sélectionnés pour leur qualité, mais aussi pour leur accessibilité : la poésie doit être lisible par tous car elle porte un regard sur le quotidien, le monde, sur la vie, quoi
MC lors de scènes slam en fRance, Belgique, Suisse, Royaume-Uni, … et lors d’évènements militants, tels le Bandung du Nord organisé par Bruxelles Panthères en 2022 – Le collectif m’a demandé d’introduire chaque intervenant·e, j’ai alors choisi un poème-texte-discours pour chacun·e:miladyrenoir.org/2022/12/20/bandung-du-nord-2022-bruxelles-poemes-choisis-et-lus-et-a-relire/
ou encore lors de l’édition 2026 du festival Résistance où j’ai compilé des dizaines de poèmes de résistance anti-impérialiste sous forme de livret et exposition – pdf envoyé sur requête