Sommeil du juste chat

Shalem et Maggie, deux chats enrobés dans de la douce moquette, rêvant de croquettes qui volent et d’exocet à ficelle, dorment sur mes deux oreillers.

Je pense que nous sommes félins l’un pour l’autre. Ils ricanent, les crocs noyés dans un baillement:

« Tu écris en gris la nuit? Tu te prends pour Colette? Viens donc te coucher, vieille Milady fébrile… tu tousses comme si tu avais un homme dans la gorge… »

Alors, je leur dis qu’il sont cons commes des poissons (chats?) et qu’ils feraient mieux de chasser les araignées au plafond…

Sur ce, Shalem s’enroule et Maggie s’étire… l’incroyable oisiveté des deux êtres à peine apprivoisés me fait envie et je les rejoins dans mon lit, posant ma tête sur les genoux du monde, guidée par les cris du marchand de sable encore trop éloigné et laissant la nuit couler dans mes pensées. Lasse chatte sur un toît gelé…

rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…………….

(Tableau de Monica Rios)

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