dernière pensée pour un enc**é!

Il m’a cassé ma glace. J’ai eu beau pleurer sur mon trottoir, il m’a craché sa langue au visage.

J’ai souvent rêvé de le transformer en carotte cuite, de le voir attraper ces petites taches noires de putréfaction pour qu’enfin il ne sente qu’une vie simulée… mais il a continué à croître dans mes champs d’EGO en bouffant les racines.

 

MAIS

 

Un jour qu’il traînait encore sur l’étagère, je l’ai attrapé par ses queues et l’ai enfermé dans le bac à légumes. Ses empreintes ont fini par pourrir et son crâne a coulé dans l’égoût..

 

Alors, j’ai brisé l’ampoule vérolée, cadenacé le frigo, jeté la poignée dans les braises et dompté les chaînes virevoltantes d’un coup de fouet magique.

 

Depuis, il m’arrive de penser qu’il n’a jamais existé, qu’il n’a été que ce monstre de l’armoire de la chambre du fond, un ennemi imaginaire que je me serais inventé pour tenir compagnie à ma solitude…

 

Demain, c’est décidé, je mange les dernières lettres des gros mots et je souris à notre vie.

 

(photo de Bettina Reims: SALOMé)


4 commentaires

  1. Après avoir mangé les lettres des gros mots, il faut les digérer, purger, expulser ou vomir. La crise de FOI finie, les choses n’ont plus le même goût. C’est bon. C’est meilleur.

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