Nouvelles d’en haut…

« Ces nuits dernières, j’ai été Cerbère en enfer, Morphée sous Eurydice, Marc Antoine trucidé par Cléopâtre au nez cassé, Quasimodo pour cette cloche d’Esméralda, Tristan divorcé d’Iseult, Philémon calciné sans sa Baucis.

A chaque minute, j’ai été un château fort en Espagne Inquisitrice, un Roi de Navarre empoisonné, le moulin aliéné de Don Quichotte, mille fourberies de Scapin, la dague de Jack l’éventreur, le bûcher de Jeanne d’Arc, des bottes de cuir à la mode Gestapo, j’étais Ebola sous Kabila, le Sida d’une jeunesse de missionnaires, le tsunami des âmes d’Asie, la Parkinson tectonique des plaques de votre monde.

Mes yeux se sont clos sur les nids d’asticots des charniers, les champs de batailles perdues d’avance, les lits mouillés d’amours incestueuses, les aiguilles des tricoteuses, les fardeaux des faiseuses d’anges, l’amertume des hautes trahisons, la coupe du curé aux bonbons roses, le graal du dragon de Mao, les fils de fer d’Auschwitz, les barres d’acier de Midnight Express, la gégène d’Alger la blanche, l’agent orange des colonies, les Malik Oussekine noyés, les Rodney King broyés, les Semira Adamu étouffées

L’univers se souvient de moi comme le goût du vide, la paille du feu qui consume votre joie de vivre, le fond de la coque d’un bateau ivre, le manteau rapiécé d’un bas-fond de spleen, un foulard troué au cou de la mélancolie, un tricot de peaux brûlées, une huile d’essence de chair cramée, le silence de votre désespoir… Pourtant, je n’ai pas honte. Ma dernière volonté n’est pas ma dernière volonté.

Ici et là, je serai bien encore l’ange déchu, l’aimant déçu, le démon de vos Jésus, les cornes des cocus, le diable de vos culs. »

 

Ce matin, sur sa croix, on peut lire : ici gît Dieu.

 

(illustration de Tuen Hocks: Starhunter)

3 commentaires

  1. Désolé pour le doublon,,,

    Voici l’intégralité des paroles de ce morceaux,,,

    On m’a demandé d oublier

    L’infamie perce et laisse des trous
    L’infamie perce et laisse des trous
    Faudrait-il garder la mémoire à genou
    L’infamie perce et laisse des trous
    L’infamie perce et laisse des trous
    Faudrait-il encaisser encore les coups

    On m’a demandé d’oublier
    Les années de saignées
    Le mépris planifié
    A tour de bras renouvelé
    Les carnages organisés
    Les mises en charpis autorisées
    Les songes et espérances liés, balafrés
    On m’a demandé d’oublier
    Les rayons de gloire qu’a pu garder une nation
    En nous expédiant au charbon
    Des années après l’industrie te perfore les poumons
    S’ils n’ont pas déjà tâté les balles au front
    En première ligne de chair à canon
    On m’a demandé d’oublier
    Les noyades occultés d’une dignité et sa mémoire
    Les chapes de plomb les écrans noirs
    Plaqués sur toute l’étendue des brûlures d’une histoire
    Et le prix des soulèvement, les trop pleins
    De martyrs étouffés, de lourds silence au lendemain
    De pogromes en plein Paris, de rafles à la benne
    Et ce 17 Octobre 61 qui croupi au fond de la Seine
    On m’a demandé d’oublier

    On m’a demandé d’oublier
    Les traînements dans la boue, les doigts pointés d’une seule voix
    Les réquisitoires incendiaires les mises en scène de fièvre d’accusation
    La salive aux lèvres puis les vomissures de I ‘opinion
    On m’a demandé d’oublier
    Ces complets de bouc émissaire taillés sur mesure
    L’étreinte est froide et sèche nous voilà jetés en pâture
    A l’hystérie d’un troupeau bercé trop près du mur
    On m’a demandé d’oublier
    La crasse de cervelle au détour
    De plus d’un de leurs discours
    Où le bruit et l’odeur émanent en vapeur
    De nos races moribondes
    Où la France ne peut recueillir toute la misère du monde
    Quand sa main droite affame le sud et l’assiste à creuser sa propre tombe
    On m’a demandé d’oublier
    Les prise télévisés
    Les charters et autres cercueils volants convoyés
    Les gages filés aux idées du parti d’un borgne en sueur
    Les intérêts trouvés à le laisser chier ses clameurs

    On m’a demandé d’oublier
    Les chasses ouvertes
    Aux nègres et bougnoules offertes
    Aux treillis vert-kaki de paras ouvrants le feu
    Les appels à la mort relancés :  »finis-le allez achève-le ! »
    On m’a demandé d’oublier
    Les fracas de ces voltigeurs
    Et ces balles policières en plein coeur
    Puis le sursis
    Accordé à la volaille criminelle en habit
    Ailleurs mes frères écopent de peines alourdies et oui
    Les trafics crépusculaires ne profitent jamais aux petits
    Un orteil dans l’extrême et c’est toute la jambe qui suit
    Morfle si tu viens de t’y mettre
    Il pleut averse des lambeaux d’infamie sur nos êtres
    On m’a demandé d’oublier
    Les années de saignées
    Le mépris planifié
    A tour de bras renouvelé
    Les carnages organisés
    Les mises en charpis autorisés
    Les songes et espérance liés, balafrés

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