à un et aux autres!

Non, vous avez cette raison, en effet, je ne fais ni dans la finesse didactique, ni dans la dentelle syntaxique. Je ne pratique pas les écrits hiératiques ou les sensations liturgiques. J’écris tous les jours avec mon système de références croissant, mes expériences honorables et souvent, mes humbles interprétations. Les Auteurs ne me réveillent pas toujours et parfois, une brève de comptoir m’émeut plus qu’une allégorie de Céline.

Mes productions sont moins intenses que vos consommations…

 

Non, je ne suis pas une fille d’étalage qui lèche les vitrines pour qu’on la plotte. Non, je ne suis pas non plus la Beauvoir des marais et encore moins la Yourcenar des grands palais. Je suis ce que je peux à fortiori et celle que je veux, à priori.

 

Quand vous me lisez, vous savez mieux de moi, mais quand vous crachez, vous fermez les œillères, je souhaite alors que les crevasses vont gobent.

Quand vous réduisez mon genre, vous descendez vers les fonds de votre humanité et seuls vos propres excréments vous régaleront bientôt.

 

Je n’apprécie pas l’élite condescendante même si l’apprivoiser est un sport familial chez mes liens de sang. Je renie la lie martyre et inféconde qui affectionne me faire asseoir par terre, sur mes genoux adipeux en trempant mes jupons dans la tourbière. Je voue une admiration sans faille aux autodidactes réfléchis.

Mes formes vous encombrent ? Mes fonds vous chahutent ?

Laissez vous mourir au plus profond de votre venin ! Nourrissez vous de nantis trop morts pour vous faire bander et foutez moi la paix !

 

Je n’ai de mains que pour ceux qui partagent et d’yeux que pour ceux qui pleurent dedans et si cela ne me sauve pas de l’anonymat, cela m’acquittera au moins du cynisme inculte qui vous rend à peine souriant.

 

Bravo, vous m’avez touchée, oui, c’est en somme et à vos yeux, une réussite fortuite mais si, un jour, je coule, je reviendrai acide sur votre terreau pour que plus rien ne pousse jusqu’à la nuit des taons.

Applaudissez, manchots de cœur, votre bec dans mes pages ne déchirera plus une seule strophe, j’ai gravé mon ton dans un autre cimetière.

 

(Illustration de Hellen Van Meene)


9 commentaires

  1. Je communie … Je savoure …
    Tout se trouve dans les imprécations incantatoires …
    Il me semble que Juliet-te et vous, êtes mes cadettes …
    Et je retrouve en vous mes hargnes d’antan …

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  2. Epargne-moi les leçons du haut de ton pupitre ! Personne ne te reproche de faire enfin une légitime crise d’une adolescence tardive en jouant la rebelle qui dénonce papa, maman, injustices, mondialisation, impérialisme américain, société de consommation. Tu aimes les noirs, les pauvres, les paumés, les putes etc … Mais oui, bien sûr ! Mon dieu, Milady, quelle prise de risque ! Mais oui, Milady, tu as besoin qu’on t’aime et ils ont bien raison de t’aimer ! Mais, oui, Milady, tu as besoin de l’écrire. Ce n’est un problème pour personne, pas même pour moi !
    J’ai lu tes divagations d’hier à l’occasion de la visite de Bush. Mais attends, ça veut dire quoi ? Tu te trouves dans le périmètre de sécurité des institutions européennes !! Moi, je dis « ha ha ha ha ha ! ». Je me gausse ! Cela ne m’étonnerait guère que « Milady » soit une de ces « rond(e)s-de-cuir » d’eurocrates qui tente se libérer de ses contradictions en étalant son mal de vivre sur le net durant les heures de bureau, du genre « je travaille avec une bande d’eurocrates débiles et coincés mais, pardonnez-moi, c’est juste pour vivre !! ». Sorte de victime d’une prostitution administrative et internationale ! Si cela a un effet thérapeutique, tant mieux pour toi, Milady. Mais quand je lis « Beyrouth, Ramallah ou Tel Aviv » , j’ai honte pour toi !: Allez, Milady, raconte-moi un peu ton job. Tu y fais quoi dans ce quartier au ciel toujours bleu et étoilé ? Ce que tu as déjà écrit auparavant me porte à croire que tu n’es pas un « chef » ! Une employée de bureau ? Toi ? Et tu arrives à le faire bien ? Ou exprimes-tu ta révolte via un travail merdique, sorte de sabotage revendicatif ? Plies-tu devant la hiérarchie « Oui, bien sûr, Madame. Certainly, Sir ! ». Malgré tout le mépris qu’ils t’inspirent, cherches-tu aussi à te faire aimer d’eux comme tu le fais sur ton blog ? Raconte-moi ça.
    Milady, loin de moi l’idée de te casser ou te faire des égratignures. Rien ne m’en donne le droit. Le faire de cette manière ne serait pas brillant et ne m’apporterait rien. Sache-le ! Mais tu t’exposes et c’est donc en connaissance de cause. Ils sont assez nombreux à te dire « t’es géniale, unique, fortiche, brillante, etc .. ; ». Moi, je te dis : « Tu veux raconter ? Peut-être bien que tu as quelque chose, oui, c’est vrai. Raconte-leur, raconte-toi dans une simplicité qui leur permettra de te connaître. Laisse tomber tes trop nombreux et acrobatiques jeux de mots, accumulations de mots qui fatiguent le lecteur et l’éloignent de toi et du message potentiel. Ne me dis pas que c’est un artifice pour une trop grande pudeur, non, ce n’est que poudre aux yeux ! Et quelque part en toi, tu le sais ! » Bernard Brisefer, l’unique pas fan de toi.

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  3. à Brisfer
    je dis que je ne suis pas une eurocrate, et quand bien même les eurocroutes sont à craindre pour leur immobilisme revanchard, ils ont pour la plupart le pouvoir d’intervenir dans ce misérable état de slieux!
    mon blog n’est pas un combat, ni même un livre révolutionnaire, jamais eu cette prétention là, moi!
    les commentaires de ceux qui m’aiment et/ou ceux que j’aime ne seront pas effacés pour prétendre que personne ne m’aime ou que je n’iame personne.
    mes coups de gueule ne sont peut-être pas des séjours dans un territoire occupé ou une naissance au Soudan mais j’ai l’oeil ouvert et le coeur serein.

    je n’ai de leçon que pour moi et je ne souffre ni d’anti-américanisme primaire, ni de laborieuse prise de conscience omnisciente!
    DONC, curieusement, quand j’accuse ceux qui ne me comprennent pas, pour souvent ne pas m’avoir compris, tu sidères la vérité à établier un exemple!

    je ne suis pas une idole, j’ai un certain plaisir à être haïe, surtout par ceux qui ne m’intéressent pas (je ne parle pas de toi)

    je relis ton commentaire et espère trouver bientôt un lien vers une de tes « expositions », une preuve de ton existence, une liberté que tu aurais exprimée ailleurs sur mon blog.

    me justifier ici m’emmerde en réalité, écrivons nous ailleurs: miladyrenoir@yahoo.co.uk

    Parlons en, justement!

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  4. je veux être une eurocrate de base, la quantité incroyable de nourriture que j’ingère justifierait la tâche ! Et nous irions gambader, La Mil et moi, les midis chronométrés, dans les allées d’un park ou l’autre en se disant nos choses.

    Brisfer, une consultation dans ma cabane ?

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  5. C’est bon de tremper les yeux dans l’acide…
    De se péter l’oreille interne au tumulte…
    De brosser la véhémence sanguine qui nous fait chair…

    L’implosion: c’est bon!

    Quant à cette histoire d’eurocrate etc… C’est ridicule… Il faut être Rémi sans famille pour pouvoir pleurer? Il faut une vie de merde pour légitimer nos tourments?

    Comment Emily Brontë a t-elle pu écrire Wuthering Heights????

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  6. Tu es libre de ne rien aimer ici et de le dire mais ta petite façon de faire la morale à milady…abrase ma patience…tu te prends pour qui pour croire savoir ce que vit l’autre….Quelle prétention te permet d’attribuer valeur à tel ou tel comportement. Nous avons tous nos ambiguïtés et nos compromissions et leur gestion relève de la conscience de chacun. Par pitié, cesse de parler du lecteur comme si tu l’étais…Tu n’es qu’une part infiniment ridicule du lectorat et je ne te permets pas de dire que le style de milady fatigue quiconque d’autre que toi.

    Le style, et la vie de milady te fatiguent ? Sache cher monsieur que tu en es l’unique responsable. Apprends à tolérer l’imperfection d’autrui et tu pourras peut être voir ce que tes oeillères te cachent. Son charme aux profondeurs sans fins et sa poésie sombre.

    Je ne serais pas surpris d’autre part que tu lui jalouses inconsciemment l’aura, la situation, l’aisance littéraire, ou le verbe coruscant.

    Maintenant montre nous ce que tu sais faire à part râler … tu bâtis quoi dans ta vie à part des critiques?

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  7. C’est marrant, j’avais déjà assisté à ce genre de joute sur le net. Mais celle ci est étonamment savoureuse : les mots sont biens choisis !
    Un peu de poésie dans les remontrances, j’aime …

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