Être grosse, ce n’est pas être forte
Être grosse, c’est ne pas se faire des mais au premier regard
Être grosse, c’est sortir quand il le faut et non pas quand il fait beau
Être grosse, c’est croire que les formes sont pour les hommes mûrs
Être grosse, c’est accepter plus parce qu’on a plus de place
Être grosse, c’est manger pour exister et exister pour manger
Être grosse, c’est peser le poids de deux maigres
Être grosse, c’est facile que pour ceux qui ne le sont pas
Être grosse, c’est jouir en rougissant
Être grosse, c’est mourir plus fort
Être grosse, c’est s’enterrer dans un cercueil double place
Être grosse, c’est vivre comme une fille de joie pour cacher le monticule de frustrations
Être grosse, c’est adopter un langage du corps qui dissimule les trops
Être grosse, c’est analyser son chemin quand on se lève d’une banquette
Être grosse, c’est penser que tout le monde vous trouve grosse
Être grosse, c’est être l’ennemi du miroir, même celui de l’âme
Être grosse, c’est envier les faméliques
Être grosse, c’est tomber amoureux du premier beau parleur
Être grosse, c’est n’accepter que la beauté intérieure sauf la sienne
Être grosse, c’est accorder de l’importance à l’écrit plutôt qu’à l’oral
Être grosse, c’est dédier sa vie à s’auto suffire
Être grosse, c’est regretter un temps meilleur
Être grosse, c’est s’infliger le dictat des copines anorexiques qui veulent maigrir
Être grosse, c’est occuper plus d’espace et respirer plus d’air que les autres
Être grosse, c’est vivre le cul entre deux chaises

