le boucher (Livre sublime d’Alina Reys)

Parmi ses entrailles, je palpe son palpitant gorgé de sang

Lèche les gouttelettes qui ruissellent entre ses dents

D’ongles en phalanges, je poursuis le trait de l’esquisse

Puis songe à ses abysses avant que je ne l’équarrisse.

 

Je suis l’invisible accroche-cœur, son gentil ramoneur

Nous vivons blottis et glacés au creux du réfrigérateur.

Quand la veilleuse vide le noir de la secrète obscurité

Je reprends instinctivement mes inconvenantes activités.

 

Épigramme organique au son des couteaux émoulus

Ses dons charnels me transportent aux blanches nues

Elle est de celles qu’on grave sur les lames aiguisées.

 

De sa chair porcine, les girons chutent dans la sciure

Nos conversations carmines et argentées perdurent

Jusqu’à ce que naisse l’injustice de sa terrestre mortalité.

 

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Vite fait (bien fait?) hein, une petite divagation carnassière parce que je voulais vous parler de la pièce Illégitime Défense du Théâtre de Poche, vous dire combien j’étais attérée que le sujet de la violence conjugale soit traitée d’une manière si systématique, si simpliste… et c’est pas en utilisant des mauvais auteurs, des mauvais acteurs et une mise en scène glauque qu’on va pas donner l’envie de rire aux adolescents qui se déplacent en autocars avec leur prof de maths, c’est pas comme ça qu’ils signeront une pétition d’Amnesty International Femmes ou qu’ils se sentiront concernés par les chiffres, ah ça non…