Je t’ai blessé et dénigré. Je t’ai dit « tu n’es rien » projetant une désuète image de mon p’tit moi. Je t’ai moqué et équarissé aux yeux de ceux qui pensent que je ne te ferais pas de mal et surtout, tu m’as crûe changée, distancée, perdue. Je t’ai blessé. Pointant tes respirations de doutes, clouant tes tentatives d’échappée d’épées saillantes, j’ai mal agi. J’ai refais la grande gueule qui attaque le faible (car tu es doux et pacifique) pour te donner de force le rôle de David, je me suis enGoliathée de perverses épines. Je le regrette amèrement, tu as voulu t’enfuir, te distancer et tu as attendu que je me calme, vainement mais je ne me calme jamais quand je descends du toboggan géant. Euphorie maladive et mal-être virulent, j’ai préféré te cracher que t’aimer plus. Je suis embêtée de continuer à vivre ainsi, je ré apprivoise l’agressivité pour exister mieux alors que tout est pire.
Mon homme, je ne voulais pas, je jure que je ne sais jamais comment m’arrêter, les freins dans les dents. Je voudrais que tu m’empêches de gonfler du gosier, que tu m’enlèves toutes mes pelotes d’os craqués, que tu tues mes humeurs sombres et que tu vides les charrues des vieilles terres mais je suis faible (car je suis dure et belliqueuse) car je choisis de punir au hasard, entre deux éclats d’AMOUR, je ronge et plonge.
Pardonne mon inconstance mais accepte mon amour, qui lui, éclipsé derrière les ondes maléfiques, joue encore dans notre cour, allume encore des flambeaux et réchauffe mes cuirs.
Je suis navrée de mes excès de salive noire, je suis navrée que tu te sois réfugié sur le balcon, je suis navrée que tu aies pu douter.
Pardon.

