Brecht et le refus de l’habituel

Constat damnation, suite aux textes entendus dans Tout est mouvement, adaptation scénique de l’univers de Bertold Brecht à l’Atelier de la vie, rue Traversière, Bruxelles. (Reprise du spectacle-performance en octobre 2006.)

 

Nous voici ici, aujourd’hui, juste après le progrès, dans nos lits bordés d’économie faste et de consommations illimitées. Mais c’est par où le bon chemin ?

 

L’ozone est une peau de chagrin, le SIDA compterait au minimum 40 millions d’adeptes à travers un monde qui respire la catastrophe plus que la joie de vivre.

La misère s’étend, misère sociale, écologique, humaine, sexuelle, économique, et nous achetons un nouveau DVD pour regarder des films de guerre. Bientôt des films de coquelicots rouges pour dé-stresser les neurones cernées.

 

Une femme violée toutes les minutes dans le monde. 6000 gros ventres d’enfants affamés tombent sur le sable tous les jours. Et des jeunes désabusés seraient névrosés, des hommes de bureaux seraient déprimés. Combat de catch moral entre un obèse américain et un adolescent du Darfour. La prise de conscience s’est faite lobotomisée un soir de Loft Story. Regardez les baiser, regarder les s’ennuyer, regardez les être bêtes, ces bêtes. D’où notre animalité criblée de pulsions de mort (ta gueule Freud !) qui se résume en un instinct de survie égoïstement appliquée à la procréation dans une bulle de résidence pavillonnaire. Un système d’alarme par ci, une voiture pare buffles par là, des enfants en vase clos devant, des vieux enfermés en cage mouroir derrière.

 

Alors, voilà, c’est la démocratisation des âmes, chacun a le droit de voter, de résister, de dire NON, mais on ne dit même plus rien du tout, on pense en rumeurs et on réagit en urticaire verbal. Babillages intempestifs entre deux verres de Coca. L’émotion éphémère stimule le désir de se consoler dans l’achat. Aujourd’hui, j’ai souffert en regardant les infos, on mange quoi ce soir.

Bien sûr, l’action n’a que peu d’ancrage dans la culpabilisation, la réaction ne s’étend pas dans le bavardage bloguesque, je me/vous l’accorde. Mais la conscientisation éliminera l’aliénation et mes enfants seront vivants de tout leur être et du reste. Ouais, c’est vachement dur de souffrir… ouaiiiis… mais ça aide à ne plus vouloir souffrir.

 

Ceci est un mea culpa.

 

http://www.eco-action.org/action/orchaos.html

 

 

(art by Wieslaw Walkuski , découverte hallucinante!!!)