règlement de conte

Je suis sans cesse contrainte d’esquiver l’intérieur, plus creux et rigide que celui dont l’apparat, l’enveloppe voudrait faire l’illusion.

 

J’en veux à ma famille de ne pas m’avoir fait don d’une intelligence plus souple, qu’elle n’ait pas considéré dans sa grande magnanimité d’âme de propriétaire parvenu xénophobe, que mon esprit devrait s’étirer au-delà de leur territoire de chasse gardée, que je puisse avoir besoin de me confronter aux autres pour les jauger, les sonder, les percer, les déstabiliser, les conquérir, les séduire et tout autre atout d’humain sorti d’une grotte.

 

J’en veux à ma famille de n’avoir pas su déceler l’importance de l’élévation, de l’éducation par les autres, d’un début de curiosité attisée non pas par la frustration et l’envie mais par l’échange et le partage.

 

Je m’en veux d’avoir accepté l’abus de confiance d’un trésor pourri dont la clé, le mot « famille », fragilise une porte sésame de plomb qui ne s’ouvre que sur elle-même.

 

Je dois grandir…