La guerre
Pour faire une bonne guerre les ingrédients sont là
Tu vends bombes et pansements tu spécules les dégâts
Les outils c’est « pan-pan » du plouc et tralalère
Des bons et des méchants des balles chirurgicaires
Faut choisir le pays en fonction de c’qu’il a
Pétrole ou énergie diamants plein d’éclats
Une petite guerre civile aide aux préliminaires
Une place sur l’échiquier pour de futures affaires
D’Islam ou de terreur le régime ne plaît pas
Un chef qui ne bouge pas qu’on peut monter du doigt
Pour faire juter l’oignon un bon bouc émissaire
Un combat héroïque peuple minoritaire
C’est maintenant qu’intervient pour rassurer papa
Virtuel ou réel un feuilleton cinéma
On sauve un bébé rose sur un charnier de mères
En avant le départ en l’arrosant de bière
Des n’avions qui s’envolent de nos pays bien gras
De belles fleurs en corolle des papillons-paras
Il faut faire attention et choisir sa bannière
Si ‘ONU ne veut pas l’OTAN saura s’y plaire
Car c’est l’instant crucial le moment délicat
Bien montrer le manger qu’il y a dans les convois
Et les feux d’artifices des trouffions dans fougères
Voire les implications dans le sac des ménagères
Au moment de l’embargo les gens sont dans l’fatras
Un jour y a mille morts le lendemain y en a pas
Il y a de la zizique pour fermer les paupières
Des gamins rassasiés masquant les mercenaires
Y’a des kapos locaux pour contrôler l’endroit
Et puis des nouveaux mots pour tartiner médias
Conclure à la victoire quand y a tout qu’est par terre
Que les morts ont séché en engrais salutaire
Faut ranger les jouets et signer les contrats
Des prêts des plans de l’or des béquilles du « cola »
Mille ans pour rembourser à de jolies caissières
Des soldats déguisés en bons bourgeois qui gèrent
Ma patrie est une pute qui ne change pas ses draps
Qui loge en son plumard affairistes et soldats
Qui paye de ses « amen » les kermesses des compères
De l’Euro-capital yankee et en est fière
L’Europe des vieux bourreaux lèche ses bottes d’apparat
Elle justifie mon or en morts de bon aloi
Si je paie en euros mon club génocidaire
Qu’il assume son bizness dans une pleine lumière
L’image n’est pas le vrai le choc n’est pas le débat
La viande à vendre éclate en fontaines de nougat
Les communicateurs emballent tous les enfers
Et transforment en champagne la pire des pissotières
C’est une chanson sans bis sur un p’tit air sympa
Si je la recommence j’attrape la langue de bois
Excusez-moi du peu mais il faut que j’digère
Le trafic émouvant des guerres humanitaires
L’image n’est pas le vrai le choc n’est pas débat
La viande à vendre éclate en fontaines de nougat
Les communicateurs emballent tous les enfers
Et transforment en champagne la pire des pissotières
Texte(s) de Daniel Hélin (vu, écouté et relu maintes fois, toujours avec bon sourire)

