La décision prise entre les dents, je compense le vide du choix à faire en réfléchissant à la conséquence, puisque la cause est entendue.
Je suis donc détentrice du relais cassé, je brise la lignée génétique d’une caste que je rejette depuis tant. En choisissant un enfant d’ailleurs, je renie mon sang, après moi, rien. J’étais unique dans le corps à transmettre, je ferme la barrière devant leurs nez collés à ma vitre. Ils n’auront pas le descendant porteur d’un hypothétique héritage, d’un patrimoine de matrice vérolée. Je renonce aisément à la satisfaction de la reconnaissance, au rythme des générations simplifiées, ceci est un appel à la différence. Je détraque la machine, sortent les billets ou la crasse.
Mon action est elle poussée par la haine ou l’amour ? Suis-je défaillante ou créatrice ? Suis-je dans le désaccord avec eux ou la symbiose avec moi-même ? Ai-je donc attrapé le sens de mon passage… je joue avec le contre emploi pour varier mon plaisir ou avarier le leur ?
Ils ne riront plus de la même manière, hurleront au vol d’identité, à l’espèce dénaturée, à la violence du sang, et moi, je crois que je vais être enchantée de donner un contraire à leurs gueules. Avec Lui, j’apprivoise un enfant d’autres pour être la première reine d’une souche forte d’estime et de choix, sans le poids du contrôle des traditions biaisées. Et ça me rend mieux dans moi que jamais j’ai cru espérer.

