Rufus

Non, notre Bon Rufus, je ne dirais pas, même pas un peu, que si vous aviez été seulement vous-même, vous et vos facettes, pendant, avant et après ces pantomimes tristes que vous avez adoptées pour une raison encore obscure, seulement si… enfin, je le sais bien pourtant, oui… que vous les aimez, vos pairs, Rufus, notre beau Rufus, mais votre hommage respire la tiédeur, voilà que je ne peux me taire… Alors, je voudrais aussi vous énoncer de ne pas persister dans l’adoption d’autres pointures d’une envergure moindre que vos grandes ailes d’Albatros, vos vastes souliers rouges et votre danse magique de la saucisse sont tellement plus expressifs que l’enchaînement radical et peu subtil des mots d’autres, surtout ceux qui n’ont pas besoin de vous, ces mots ressassés qui ne font piailler que grabataires et autres peu soucieux de votre poésie. Je fus déçue, Monsieur Rufus, j’en suis encore si peu émue… Je vous avais attendu avec douce fébrilité, savez vous… parce qu’entre vos chroniques chez Mr Jeunet, vos virages chez Mr Godart, votre rire fugace dans Fantasia chez les Ploucs et votre esprit de survie dans le splendide Train de Vie, votre complicité avec Areski-Fontaine-Higelin et vos pas foulant les mots de Beckett & E.E. Schmitt, j’étais impatiente et heureuse de vous approcher enfin… mais aujourd’hui, je suis saisie, à peine coite…  Vous vivez pourtant entouré de mille personnages, encerclé de mille inspirations, pourquoi alors miser sur l’imitation, pourquoi ne pas avoir jonglé avec leurs forces et faiblesses plutôt que d’emprunter exactement le même chemin & parcourir des planches déjà usées…

Vous nous avez manqué, Mr Rufus, ce soir là, mais voilà, disons que ce spectacle est une fausse alerte et que je ne vous ai pas encore rencontré…

Au plaisir d’effleurer votre chaotique dimension très bientôt.