échange (premier)

salut ..
je me posais une question pourquoi autant de noirceur et de souffrance dans tes mots dans tes images ..
constructivement sans anicroches ni détours …
qu’elle en est le sens, ton sens artistique ?

C’est une réelle question .. que moi même je me pose et que je te pose ..
j’aime aussi savoir le pourquoi du comment, loin de mes absurdités limitées

…………………
il m’a fallu quelques jours
la question a tourné sans rouiller
il faudrait que je sois Ducasse ou Norge(ienne) pour te conter les maux, je dévisage les choses que je fixe et y vois du sombre,

quand j’écris, je revis un vélo fracassé, une gifle érotique, un passage dans un liquide amniotique.
comme certaines visions qui encombrent, je les délivre.

dans le réel, je suis enjouée, diversifiée, prolo et scabreuse, langue de vieille et capricieuse.
les malheurs de Badebec déteignent sur le buvard virtuel.
il n’ya jamais vraiment eu de fonction créatrice à mes angoisses, juste une satanée susceptibilité face aux tortures que tous (y compris moi) m’infligent.
il serait alors assez basique de voir en mes écrits une expiation, un exutoire, une thérapie…

peut-être n’en suis je qu’aux aurores de mes envies. la maturité ruinerait tant.
 
les commandes et collaborations me font craindre l’absence d’illumination, je crains l’autre écrivain comme les pestes de mes préaux d’avant.
tu vois, j’utilise le langage familier et saute par dessus.
ce doit être une volonté d’envol, sûrement.
la logique aurait voulu que pour s’envoler, on choisisse la légèreté, mais vu mon naturel complexe, je me contredis sans cesse.

et je n’ai même pas exprimé ce que je t’avais préparé…