Cycles

Marcus Usherwood  Marcus8Cycles, cycles,

en un jour, comme en cent,

en un jour commençant,

de cycles, nous sommes nourris.

 

MAIS

 

Les fourmis peuvent s’agiter dans toute l’essence, l’étincelle murmurée, mur, murée, cachée derrière l’index, rien ne souffle quand les carrefours tournent sur eux-mêmes. Coupe de bois, soûlerie de peaux, ici, c’est une toute petite vie qui se mort les dents, l’aqueux délire qu’il faut retenir. Noyée entre une pomme d’amour et une poigne dans la gueule, la rive suit son chemin.

Chacun son coin, chacun son destin. On plante son cul dans l’air, patient, on attend le foin. Château de cartes planté dans le sable, voici l’espoir qui vacille au gré des volutes de jour béni.

On boit la levure, on fume le goudron, on palpe la chair, on refait l’immonde.

Mais sous la transparence, le vide !

Balance de gauche à droite, de cortex en index, de corps en cœurs, rien ne vient plus, les enjeux sont faits. Nos mandigotes grelottent dans les chaumières, non, l’époque pique, il n’y a rien à plaire, quelques ébats vers le bas, baiser au bord d’un évier, le sexe : occupation saine entre deux vaisselles, gant rose sur sexe rose, les trains regardent mieux les vaches quand ils sont bien gardés.

Laconiques mouches amères posées sur une merde canine, poussent le gueuleton jusqu’au bout du canon – baiser, fumer, chier, raisonner. L’obsession du plus haut, l’ascension du plus bas, chacun grimpe à l’échelle en croquant les barreaux après lui.

Les vies se conciliant, se rangent dans des valises cintrées d’officiants bienveillants. Quelques règles sur le grand tableau : ramasser les pots cassés, recoudre les cicatrices, recoller les abris, construire des cabanes dans les terriers, et puis ne pas oublier de changer les draps du défunt, c’est important. Puis, en août, étirer ses bras sur une plage, montrer aux égaux que recommencer est tellement revigorant, que le sommeil derrière le pare-soleil est vivifiant, brochettes de réconciliations entre bons humains, salaisons en cure d’iode et de silice, il faudra revenir l’an prochain.

Avant demain, point de procrastination !
Plâtrer le trou dans le pied d’appui, sauter à l’élastique avec une corde à nœuds, là où sont les arbres, on verrait bien des panneaux indicateurs, plutôt, non ?

Nos mains sont des choses obsolètes, on ne bêche plus, on ne caresse plus, on ne rédige plus, parfois, on adresse le ciel avec des bouts de bois croisés, tiens… les nuages persistent, il faudrait sacrifier vingt-quatre musulmans sur un autel en or massif de juif, quelques carats. Il faut croire au pilon céleste quand les colonnes fléchissent.

Bref.

C’est le noir ? Le toboggan géant sous une pluie épineuse ? On glisse sans chuter ? On dérive sans vagues ? La légende du renouveau, la bannière qui rassure, vous ne voyez pas ? Aucune main tendue ?

L’ironie s’épuise, la machine à tickets rend son jus, l’électricité clignote dans la chambre à brouillard, brouter l’épouse, ratisser les vignes, signer son âme d’un X divinatoire. Murmures dans les charnières, les enfants ne doivent pas regarder la télévision planète.

Ne pas allumer la dernière ampoule. Sinon, c’est privé d’air !

Reculer pour tressauter.

Nos veines seront nos liens. Circuler loin ne sert à rien.

 

(En aparté :

Cycles, cycles,

en un jour, comme en cent,

en un jour commençant,

de cycles, nous sommes nourris.)

 

Et quelqu’un rie, comme le dernier des cons, autoproclamé Con Premier…

 

« Quand vous verrez la lumière au bout du tunnel, priez pour que ce ne soit pas un train ! »

 

© Milady Renoir

Art by Marcus Usherwood