
Les choses qui entrent par la force restent dedans.
Là, au chaud, sans photosynthèse, elles poussent pourtant comme les germes.
Arrivées à terme, elles écartent les parois, laissent leurs tentacules glisser le long des branches.
Leur jus jaune salope tout le parquet.
Il faut agir vite.
La serpillère accroche les petites escarbilles collantes.
Alors, il ne faut pas attendre que le caniche lèche le sol, il faut tout débarrasser.
Chaque bourgeon de ces choses éclosent dans le froid. La solution aqueuse qui sort des cocons se ramasse à la pelle.
La récolte, piétinée et tamisée peut être versée dans une cruche transparente.On y ajoute un peu de sucre vanillé, deux clous de girofle et une bonne rasade d’eau de vie.
On touille.
On touille bien.
On sert la mixture verte glacée au dîner avec des haricots beurre et des sorbets gluants.
On se régale sans jamais penser que c’est de la semence pourrie qui a permis ce nectar divin.
(Ah si seulement, c’était si simple.)
