
l’eau serait mon corps
le sang serait une nuée larvaire
et les os, des arètes molles, souples
je nagerais dans mon essence
comme une raie sans faciès
j’aurais le sombre pour décor
et la lumière pour échéance
l’eau serait mon corps
je dirais à ceux qui regardent
buvez, ceci est mon corps
ils me boiraient
ils me pisseraient
je serais vies
va-et-vients incessants
flux, reflux, pluies, marées
si mon corps n’était qu’eau
je serais une vague grandiloquente qui se perd dans une gorge rocheuse sans fond
