« les ficelles emmêlelées avec des noeuds dans la tête ça ne la gêne pas l’écriture c’est pas qu’elle démêle elle démêle rien elle dit rien elle se laisse faire je me débrouille avec elle il y a pourtant de l’air autour mais chaque fois que je me mets à écrire c’est comme si j’en avais manqué pendant des siècles je respire j’écris comme si je me remettais à marcher après un accident une maladie ça peut arrriver plusieurs fois par jour un accident une maladie c’est pas rien mais c’est pas exceptionnel je n’écris rien d’exceptionnel les choses viennent et des mots se collent dessus dedans je m’en occupe je les accompagne un bout le désordre ne devient pas de l’ordre je ne range pas vraiment dans la langue j’essaie de trouver juste assez de lumière pour y voir clair quand ça arrive personne n’est là pour m’entendre de toute façon je ne dis rien »
extrait de L’air libre, Dé Bleu, p.28
