
Puis, une fois raccompagnée chez soi comme une princesse vierge pour cause de fatigue émotive (suite au film et autres dilemmes), préparer une petite salade de tomate & féta non culpabilisante, faire une lessive de draps, regarder trois chats autistes faire des sauts de bouquetins sur des meubles cirés.
Ensuite, zapper légèrement de chaîne européenne en chaîne américaine et tomber, peut-être sans hasard, sur EXTREME MAKEOVER HOME EDITION de ABC, rediffusée par l’illustre VT4 – surtout l’épisode avec William, l’enfant handicapé fan de l’équipe de baseball (les Red Socks), alors qu’il ne peut même pas serrer une balle entre ses doigts vu qu’il souffre du syndrome SMA (Superior mesenteric artery).
Pleurer fort et dur, sans prise sur son corps, serrer son chat le moins sauvage entre deux bras couverts de gouttes salines et espérer le meilleur pour le monde, sincèrement, vite.
Se reprendre un tantinet, faire un masque désincrustant (émotions et pollution entre deux pores), ranger quelques livres, snober les factures, se plonger dans l’un des livres rangés, puis, pas sans hasard, entendre ARTE donner une annonce théâtre. Regretter qu’Avignon soit trop cher pendant le festival, donc finalement apprécier la programmation de le télévision par procuration, par défaut.
Ecouter la langue de Valère Novarina , qui s’enrage plus fort que les avions qui survolent (trop bas) les toîts de Bruxelles.
Enfin, faire la vaisselle en écoutant la langue des fous, des lambdas, des autruis, admirer le brio et le plein des mots de l’auteur à mieux lire, tout en pensant à rempiler pour le projet AuBordElle que la sublime Geneviève Voisin vient de (me) re-proposer (carte blanche à l’érotisme littéraire le samedi 1er décembre à Liège (Marie L. ? Catherine Millet? Pascale Barret! (dommage que Violette Leduc et Joyce Mansour ne soient plus…), Chloé Delaume? Marcel Moreau? foison de toisons pour faire juron?)…
Sentir sa maison grandir, apprendre à ne plus être un animal, accueillir la nuit dans son plus simple appareil, aimer dormir, cette fois… et tout garder jusqu’au lendemain.
S’étonner de raconter sa vie en « public » puis se rassurer: tout ceci n’est qu’un blog(ue) donc faire des citations de l’Auteur pour faire littéraire (et rire dessous).
(Extrait de L’ATELIER VOLANT)
C.
Oui, oui, à la fin maintenant, nous voudrions savoir qu’est-ce que la langue et où va-t-elle ? d’où vient la langue et où elle va ? la langue, est-ce celle là qui me sort du trou ou celle-là qui me sort du trou ? Est-ce celle là qui me sort du trou ou est-ce celle là qui me sort du trou ? Elle ne veut pas que je me taise. Monsieur Boucot, s’il vous plaît à la fin, que me veut ma langue là qui me fourche ?
BOUCOT.
Elle veut vous tromper.
C.
Au secours, ma langue veut me parler !
BOUCOT.
Parler ? Hé les fous, vous ne pouvez pas parler, vous ne savez pas la langue !
D.
Et celle que nous avons dans la bouche, peut-être ? N’est-ce pas une langue cet engin que nous tenons dedans ?
(Extrait de « LE BABIL DES CLASSES DANGEREUSES »
![]() | « Boucan animal, concert des tuyaux. Bal, poussée des chars, tout le monde qui roule, monte au poteau. A ceux qui creusent, qui poussent sans fin, brandissent l’outil, Bouche et Oreille répètent toujours : le Babil des classes dangereuses, faut qu’il cesse ! Au repas les paroles ! Au concert les museaux ! Muséum des nourritures, des maladies dans la parole et des repas des animaux. Antipodistes et hommes-canons, record des morts et course en trou. Entrée du défilé par la sortie. Gendrée du perpétuel des morts, dialogue des matières, musée des mixtures. Chute de l’épisode de reproduction en cours. Encore pire ! Au moteur métronomique ! A la machine à réciter la suite ! Allegro perpétuel. Les langues luttent dans les postures. Bouche et Oreille reviennent toujours, faire le refrain, remettre au pas, conduire au point et asphyxier. Chaîne de résurrection. A reculons, dans la représentation continue, le numéro le plus difficile du monde, des mots horribles, sonoribus, l’homme portant rythmus, le cœur son métronon. » Quatrième |
OREILLE. Qu’est-ce qu’ils font ? BOUCHE. Ils soufflent dans leurs instruments. Brouhaha, tintamarre font au loin leurs babils. OREILLE. Qu’estce qu’ils font ? BOUCHE. Ils soufflent dans leurs instruments. Brouhaha, tintamarre, font au loin leurs labils. Rébus. Les autres, des pieds, ils dansent la diapasonne au son du métronon. Rébus. Rébus. Rébus. Rébus. |

