Sanatia, mon amour

Photo 035
la femme est ronde, douce et petite. son nom voyage. elle dit bonjour, je suis en retard. je sue. je suis là, avec dix mille idées, aucune valide.

je lui dis: je suis en retard, désolée. son bureau est presque vide, des taches de café au sol, quelques jouets pour d’autres enfants sont là. des affiches d’expositions pas trop récentes, pas trop vieilles jonchent les murs. c’est un hosto, donc les murs sont beige jaune blanc mais tous passés/cassés.

je parle, je délie, je cadre, je demande.

l’insupportable évidence jaillit. là, je me sens mauvaise, réduite, cadrée dans un espace déjà dessiné par mes aïeux. Je voudrais partir, lui dire au revoir madame, pensez à faire repeindre les murs en vert olive. mais je reste, 67€ – 48 min, comprenant 3 conversations téléphoniques avec d’autres. Elle dit je pars en vacances…

et là, je me dis: j’ai oublié de partir en vacances depuis tant d’années… et j’en ai même oublié ce sentiment de départ en vacances, d’annonce du soleil, de joie du détachement… j’ai oublié cette libération du moment où il ne « FAUDRA » rien faire… j’ai oublié.