Expo de Siegfried

Message de Siegfried, metteur en scène de la revue Graine de Sable (dans laquelle un extrait du texte de ma performance de novembre, à l’atelier de Pascal Barret, est publié) qui expose à Florenville: 

Bonjour,
la bouquinerie galerie « de l’autre coté du miroir » 
7 Rue des Généraux Cuvelier, 6820 Florenville  (Tel : +3261292731) organise une exposition de mes masques au courant du mois de mars. Si vous n’habitez pas trop loin, vous êtes cordialement invité à venir y jeter un coup d’oeil.

Ci-dessous, une espèce d’introduction.
Au plaisir,
Siegfried

J’ai toujours eu un faible pour les masques.
Je me rappelle plus particulièrement ceux qu’on achetait, enfant, dans un tout petit magasin tenu par une vieille dame avide, un peu sorcière à mes yeux. C’étaient des visages peints, entre caricature et réalisme-chromo, découpées dans du papier fort, et tenus en place par deux élastiques autour des oreilles. Le nez était partiellement découpé de façon à permettre nos petits nez d’enfant de passer en-dessous, et à l’endroit des pupilles il y avaient deux trous ronds qui permettaient en théorie de voir devant nous, mais dont l’espacement n’était pas toujours le mieux adapté, ce qui faisait qu’on tenait la tête dans une position assez inefficace pour affronter le monde.
Un autre type de masque qui m’a fait grande impression, fut celui qui fut distribué aux enfants lors de la projection de « Scaramouche », un des plus beaux films de cape et d’épée jamais réalisés. C’était un loup conventionnel en papier dans lequel on pouvait fixer un long nez triangulaire. C’était mon premier masque en trois dimensions. Quand il finissait par se déchirer, j’en faisais un nouveau moi-même ; j’avais compris le principe. Mais l’espacement des yeux était encore pire : pas idéal pour faire de l’escrime !
Depuis, je reviens aux masques de temps en temps : pas pour faire de l’art, mais pour me faire plaisir. Pour voir ce que ça donne quand on plie du papier comme ceci, quand on coupe comme cela, souvent sans idée de départ ou de résultat. La plupart du temps, il ne me faut pas plus que quelques minutes. C’est que le masque, généralement, représente un visage humain, et que notre cerveau est fait pour reconnaître un visage dans le plus fortuit ensemble de taches, de traits, de points et de coups de ciseaux. Un amas de rochers, un tronc d’arbre, les voitures, des nuages, des crevasses dans la boue séchée, tout peut devenir un visage humain à notre perception. Le masque permet d’exploiter la faculté du cerveau humain de
discerner des visages dans tout et partout.
Je ne les mets plus, comme je faisais quand j’étais enfant ; je les fixe au mur et je les regarde. Eux, ils me regardent aussi. Parfois leur regard me suit.
Un jour que je montrais des photos à Michèle, je tombais par hasard sur les photos de quelques-uns de mes masques que j’avais fait peu avant. En bavardant, mi-sérieux, je disais que ça m’intéresserait bien, à l’occasion, de les exposer à sa galerie où ils se sentiraient certainement bien chez eux. Le lendemain elle me téléphone pour me dire que, après tout, ce n’était pas une mauvaise idée et que le mois de Mars, période de carnaval, serait le meilleur moment.
Et voilà, mes masques seront exposés de l’autre côté du miroir, du 5 au 28 Mars 2010.
Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de rapport avec ma peinture. Est-ce nécessaire ?

Siegfried van Malderen