LSD, Extas et joint sont mes favoris, j’aime qu’ils me libèrent, me désacralisent, me déstabilisent, m’emportent, m’extasient, et me complètent, me forment.
Pourtant, j’ai mis du temps à essayer, pourtant, j’ai longtemps cru que ce n’était pas pour moi, j’ai rejeté, jeté, évité, esquivé pour faire la petite fille modèle, sorte de Sophie sans malheurs, mais porteuse de cette tentation toujours ultime.
Et puis, j’ai essayé par hasard, pour le clan, pour la forme et j’ai aimé.
Puis, de nouveau, j’ai eu peur parce que mon mec de l’époque en abusait alors j’ai contrebalancé pour ne pas sombrer dans un remake de Sid & Nancy. J’ai même levé la pancarte «NON à la drogue », « NON à l’alcool » pour qu’il cesse, pour qu’il ne plus l’autre, l’obscur, le violent, le fou…
J’ai refusé son approche destructrice et malsaine, prétextant mener une vie saine. J’ai préféré bouffer, bouffer à en devenir une Badebec des banlieues, une Botero de quartier. Parce que le manque est resté. Parce que la liberté d’agir a toujours été bafouée.
Il sniffait, je reprenais une gaufre, il se saoulait, je finissais la tablette…
Alors, il m’a fallu une deuxième adolescence, un retour à la concupiscence et au rire pour revenir à la liberté des sens, les pilules et buvards étant juste un préau de récréation, une envolée presque lyrique au pays irréel.
Aucun bad trip à ce jour, aucun stress affectif, juste des jolies visions, des pulsions sexuelles, des envies de création… et je vais encore en profiter… même avec du retard dans le cliché, même avec cette impression de rattrapage intensif, même … même… je fais ce que je veux, na !

