FILM du vendredi soir : Bombon el Perro

Il y a deux dimensions à la Patagonie, la première, c’est l’esprit Ushuaïa, l’instant Nicolas Hulot, l’origine d’un nouveau monde, la pureté de l’horizon et la seconde, la pauvreté d’un pays (l’Argentine) en route pour le pire, le désert social et économique, les terres arides et une altitude qui donne le tournis. Dans les deux cas, une étendue sans rêve pour beaucoup qui la parcourent tous les jours, un espace presque rayé de la carte pour certains qui y survivent.

Bombon el perro est ce genre de film qui transgresse les lois commerciales, par un état d’esprit minimaliste, mais dense. Une histoire humaine de destin idéalisé, d’instinct tronqué par une soif d’ailleurs, et de rêve maculé de leurre.

Cette histoire entre un chien original et un homme « banal » se règle comme une histoire d’amour entre deux êtres contraires, mais d’exception ou Les malversations des hommes viandards, sanguins, violents contre un petit homme sans présent, ni futur.

Ceci n’est pas un film blanc ou noir sur un anti-héros perdant, perdu mais un conte moderne et éternel sur la désillusion, le choix salvateur et une sacrée parade contre l’oubli de soi.

Et les deux acteurs principaux, Bombon et Coco, sont accablants d’émotions.