Par la porte, tous ne passent pas le corps fugitif
Pas les plus évasés, ni les plus éminents
Leur cire dermique ne glisse pas contre le plastique d’entrée
Ils butent contre l’armature, épinglés sous un compas
Ce sont les plus tannés, les plus meurtris qui croisent l’espace,
s’engouffrant dans l’Entonnoir
Par la rivière, tous ne nagent pas, ni ne flottent
Ni les riches barges, ni les convictions rehaussées
N’allongent les cœurs sur le limon
La coque goudronnée craquelle à la moindre houle
Le fond ne se renverse pas pour sauver les anémiés,
Au contraire, il les rassemble, les malaxe
La vase et les boues font marais d’hospice pour ces mal nés
Par le ciel, tous ne survivent pas
Pas les visages gondolés au sourire mercure, ni les faciès étiques
Le portier de la noble cause refuse du monde
Les fardeaux silencieux percent les rangs des nuées
En crevant des anges hurleurs au dessus des toits
Personne ne croit plus à l’horizon
Ni même le bleu du ciel, vagabond.
© Milady Renoir
Art by Laurie Lipton (kindly reminded by I.AM qui danse le MIA)
