
Je suis abordable. Je est un abordel. Je suis terriblement abordable, présente. N’importe qui sait parler de saucisse et de viandes hachées pour qui sait s’observer.
Je suis là, plus lourde que prévue, plus évidente que voulue. Je n’ai aucune errance, ni aucune vagabonde chimère à martyriser. Je suis là où l’on me cherche, souvent là où l’on me trouve. Mon originalité réside dans ma survie, le papier d’avertissement, la menace du plus fort ou l’emprise du plus faible, je connais (comme tout le monde !).
Le moindre effort, la salace imbrication, la perturbation sonore, je pratique tout, ceux-là.
J’acète du fromage, des livres ou l’amitié avec la même égide. Rien ne va plus loin que mon doigt, d’accord, jusqu’au bout, mais tout de même. Je montre quand j’écris, ne croyez pas à mes absences, je suis abordable, au bord de ce qui me définit, une sorte d’usage, d’habitude. Je jalouse ceux qui partent tous les jours, qui reviennent différents.
J’ai la même petite robe noire dans le cœur depuis que l’encre l’a tachée. Elle a débuté une chute, puis a tout recouvert. Je suis là, implacablement, immanquablement, tout près de moi, mon dieu !pour surprendre, il me reste la provocation (manger les chairs) ou la surexposition (montrer les mots, dire MORT quinze fois dans ma bouche avant de l’ouvrir (en deux). Rien ne me fait chemin, RIEN.
(pour finir, j’ai mis un ., 4 lettres en MAJUSCULES pour faire fort, la date a été placée en haut à droite, la marge n’existe pas puisque plus personne ne lit de cahiers de toutes façons et je termine sur une pointe d’ironie parce que j’aime bien, c’est comique et percutant, selon le degré d’assimilation… attention aux mots en –tion, ils ne sont pas poétiques, disais je encore hier, ceux en –ence sont beaucoup plus appropriés pour ce genre d’écrits, mais bon, tout le monde le fesse, c’est connu ! oh un peu d’humour n’a jamais tué personne, sauf moi point fermer la parenthèse)
