Gardabelle affiche la couleur (Select Montparnasse du 1er au 31 mai)

Gardabelle expose(click on pic!)

Je cherche, je cherche.
Ce que je sais ?
Rien.
Ce que je crains.
Tout.
Ce que j’aime…
Trop facile !

Fêtes. Vos jeux sont des prétextes. Gardabelle annonce « la couleur est un leurre ». Tout de noir vêtu, Son regard noyau amplifie les élévations, décuple les perceptions. Les visages rogues, les mains filtres, les bustes rouille… Chaque morceau de toile stabilisé sur un papier calamistré conte une chronique de voiles.

Noir & Blanc !
C’est tout ?

Le blanc est un piètre compagnon – quand il ne déride pas les bouches. Quant au noir, il jalouse la nuit. L’Exécutante ne se réjouit de l’ombre que parce que le corps cru nu effraie OU que deux peut-être valent mieux qu’une seule vérité.
Mes mots varient selon les grains, je me demande si je peux finalement écrire sur Elle.

Gardabelle
Garde à belle
Guarda bella

(en aparté : Chut, recommence)

Gare à
Belles.
Grrrrr…

Chaque épreuve qu’Elle affiche est une évasion, une fugue d’une maison trop arpentée. Chacun sa déroute. J’aime ce qui ne me rend pas gentille, ni facétieuse, ni douce. Elle fait ça, Gardabelle. Elle me rend malintentionnée, grillée, vacillante.

(Cherche.
Cherche.
Cherche…)

Il y a un lien permanent entre Ses chimères… je les reconnais, ces bohémiennes au sourire las, les gitanes furibondes qui laissent glisser leurs phalanges sur un piano froid, des poupées, pieds liés, qui aiment qu’on les caresse dedans, des vierges mesquines aux doigts houx, des prime donne cheveux chardons qui tombent des faîtes, des Parques aux seins ivoirins qui tissent des cocons. Les fées peuvent aussi porter des fourches, encorner des ballots de paille à bras le corps sans ne jamais crier (pourtant).

MAIS
Je ne saisis l’essence que par sa queue.
Je récidive, je dois esquiver l’image dans l’image.
Quid est Gardabelle ?

Une antenne.
Une antenne sur le toit d’un immeuble abandonné. Fière, seule, gelée, Elle prélève les corps qui volent, accroche les insectes perdus, rogne des oiseaux trop vieux pour traverser la rue, greffent des enfants sur des psychés…
Elle s’amuse, folle Escarbille humaine.

1, 2, 3, nuage !

(Je souffle sur l’écran, la poussière de braise rencontre mes cils).

Trouble, je suis trouble.
Je m’endors, enrobée de ses instantanés. Je rêve que cette femme, Gardabelle, est une robe, cintrée, déchirée aux épaules. Elle est locataire d’un appartement d’eaux, de brumes et de sables.
Elle marche légèrement – le vent découd les âmes sensibles. Elle avance vers moi, une machine noire entre ses mains.
Un volatile sort du tube digestif de cet organe métallique.
Il tourne autour de mes cheveux, dérobe un instant de ma vie, puis s’enfuit en riant.

(J’entends des ailes qui plissent, un trombone qui pleure, une pluie dans un couloir. Je suis dans un film. Des gens dansent en rond.
Le cœur rejoint le poumon, je vis bien avec Elle).

Demain.
Elle nomme « ça » son Auto-portrait, quoique… je me suis bien vue, là, dans son œil cyclonal (non ?). je crois que je suis au beau milieu de l’Avalanche. Oui, c’est ça, je suis coincée dans Ses neiges.
Même pas peur de la chute.
Même pas peur de la chute.
Même pas peur de la …

À moins qu’Elle n’ait renversé la cime.

© Milady Renoir (sous inFLUence)

 

 

 

(Gardabelle, viens, on s’aime…)
(à mondi!)

 

 
 
Vous viendrez?
 
c’est au Select Montparnasse, lequel s’ouvre en 1924 et qui ne ferme pas la nuit, d’où son succès auprès des écrivains américains. Un soir des années 1930, Desnos, Hemingway et quelques autres démarrent ici une discussion sur la guerre d’Espagne, qui se poursuit jusqu’à l’aube chez Desnos et Youki, 19 rue Mazarine. Depuis ces folles années, le Select a su garder son cachet et sa chaleur.