se coucher sur la télécommande mais ne s’en relever après qu’elle ait blessé
déchirer les faux amis avec un élan de plaisir
relire les déclarations écrites de vérité, d’humanité, savoir pourtant que je me mens souvent (telling lies, feeling high?)
trier les plages musicales, retirer celles qui rappellent le profond mal, laisser défiler les images en lianes
percer deux ampoules de pied alors qu’elles ne sont pas mûres
casser un cadre transparent (sans le vouloir), apercevoir les failles du verre dans ses propres yeux
clouer au mur l’anatomie du bassin et de l’articulation de la hanche, sentir son corps obturé par moult graisses, courbatures osseuses et cassures musculaires
mettre le beurre sous clé après 5 tartines de pain blanc
placer sous plexiglas un diagramme expliquant l’anatomie de l’âme mortelle (rire(s))
épousseter la fiche technique en relief de l’abeille (et du faux bourdon), imaginer êre née dans de la gelée royale
effacer quelques mots idiots d’un carnet noir à l’aide d’une gomme gadget sur laquelle est inscrit CENSORSHIP
disposer les 3 grandes fioles achetées aux puces sur le rebord du lit, réfléchir à ce(ux) qui va(vont) les remplir
peindre ses ongles en vert anis, tirer sur les cuticules avec les autres doigts
chercher des vacances nulles et pas chères sur le net (les riches ont les bonnes places dans les avions en cas de crash), ne rien trouver de valable
écouter W.Burroughs défoncé qui vole vers les Western Lands, un morceau ou l’autre, remixé par des DJ New-Yorkais eux aussi défoncés
mentir à son boulot, prétextant des maux de ventre(s), n’avoir de scrupules pour personne
regretter de ne pas avoir couché avec une poétesse sombre, mélancolique, vénéneuse mais pas toxique
coller un marque page autocollant à usage unique sur l’écran du PC (se foutre qu’il ne soit pas droit, pour une fois)
faire la liste sur ce blog trop perso qui ne dévoile jamais trop (voire rien, voire tout)
trouver sur sa peau de doigts des petites bulles de lymphe, comme de l’urticaire ou quelque chose qui éclate
pleurnicher devant des photos de chats ou un documentaire sur les lynchages de noirs aux Etats Unis il y a moins de 50 ans
sentir son appartement comme un nid
voir son père vieilli sur une photo, avoir peur de la mort de lui seul
couper les poils du sexe sans toucher les lèvres, prendre le risque de faire mal mais ne pas regarder complètement
laisser croître une nostalgie de vies que je n’ai pas eues
frotter mes yeux comme une enfant endormie jusqu’aux étoiles blanches
lire le blog des autres et aimer qu’ils souffrent aussi, trouver que le courage des oiseaux de Dominique A est la parfaite BO de la vie des autres
ranger son Gode M. entre les livres pour lier art et culture
choisir trois DVD de films intelligents à regarder, puis rester coincée sur une émission qui montre la construction d’une maison en 3 jours
s’épiler les sourcils en remarquant toutes les imperfections du visage (détourner le regard)
lorgner sur les balcons voisins, comprendre que chaque parcelle est un monde étrange(r)
saisir l’appareil photo, shooter le linoléum comme une fanatique du sol
réfléchir à un nouveau tatouage qui recouvrirait le sexe et l’anus
étendre la lessive sous la pluie, arroser les plantes sous la même pluie
sortir le long des trottoirs, visiter un supermarché, voler une boîte pour chats de bas de rayon ou un essuie de vaisselle pour rajeunir
savoir des choses sur soi, ignorer le centuple et appréhender
