Plutôt que d’emmêler ma salive réduite
à la bile des états-lieux
sans jamais mieux
que de pire en pire,
je voudrais écrire sous influence
nostalgie de mon romantisme adulescent.
Comme ce lundi début d’après-midi
un casque anti-bruit avec dedans
des logorrhées harmoniques
accords piano-violons
(sans solo saxo mais j’comprends)
et une basse qui creuse le thorax
qui relie l’ovaire droit à l’épaule zouk love.
Jetons-nous nu·es ou presque
vers les bassins d’eaux douces
avec des doigts pliés de rires.
Depuis 40 ans,
quand l’égout m’agrippe,
je pressens comment les gens s’embaisent
comment ils se parlent
comment ils se taisent
de corps abusés en décors usagés
par ci, un tinder surprise goût matchatte
par là, un chouïa pas tant que ça
et ça calcule, ça transige.
Je voudrais pas crever sans avoir joui
encore 6598 fois,
moins de lois, moins d’proie
je voulais écrire moins d’effroi
mais 3 rimes en oi, restera qu’moi
Déjouer, triturer nos paroles
crépiter autour des rives,
écharder quelques lèvres,
balancer le piment dans la sauce
dévier le brun, le pus et l’IMC,
soutenir les désirs des copines,
nous encombrer de gloussages
je voudrais vraiment qu’on jardine
#SuisPasTropECoFem mais j’comprends
bombes à graines, semences libres
j’veux danser des slows,
encore 7 heures non-stop
avec des fourrures sous la langue
avec des pixels baveux dans l’iris
saute-brebis et bouc-missionnaire
j’ai pas de préférence, mais j’comprends

je nous incite à rebondir
sur des sièges craquelés
et sauter aux cous des aimant·es
surtout ne pas donner la nuque aux irresponsables
surtout ne pas.
Viens, on remonte.
#PoèmeMinute
(bon, écrit en 3 parce que ne devais nourrir les chats)

Illu:
Extrait de B. Brecht que Soledad Kalza nous a un soir envoyé tandis qu’on s’écrivait nos amours révolutionnaires entre dépit et élans.
