Des gens meurent du fait des politiques de répression sur les plages et d’hostilité dans les terres, mais tout ce que Bouchart réclame, c’est le rétablissement du délit de séjour irrégulier 
Crise migratoire : Natacha Bouchart réclame le » rétablissement du délit de séjour irrégulier « de Charles Piquet
Après le drame qui a coûté la vie à trois migrants, dont un enfant de 10 ans à Sangatte, la maire de Calais dénonce la banalisation des morts dans la Manche et réclame des mesures pour « arrêter d’être spectateur ».
Pas moins d’une semaine est passée depuis que la maire de Calais a tenu sa tribune anti-passeurs lors du procès du naufrage mortel du 24 novembre 2021. Six jours, et un nouveau drame se déroulent sur les plages du Calaisis. Lundi 28 septembre, trois exilés, dont un enfant de 10 ans, ont trouvé la mort dans un small boat qui est parti de Sangatte, vraisemblablement piétinés.
« Dans mes propos, je tenais à rappeler que les émotions sur les destins individuels restaient en fait banalisées, lâche alors la maire de Calais lors d’une conférence de presse en sous-préfecture après le drame de Sangatte. J’espère que ces trois victimes ne resteront pas banalisées par l’ensemble de la presse. Encore une fois, à devoir aller sur un quai pour constater qu’il y a deux jeunes femmes, un petit garçon de dix ans, mort, sa maman qui est là, présente, et sa famille autour. »
Un « délit de séjour » humanitaire ?
Face à l’émotion, la maire dénonce la situation. « Je reste de ce fait encore plus et encore plus en colère contre la non-responsabilité de l’Europe face à ces drames qui ne mettent pas suffisamment de moyens pour permettre de lutter contre les passeurs. » Car, même si des renforts marins d’Espagne et de Lituanie de Frontexe ont été dépêchés ce mois-ci, la maire estime que plus peut être fait.
Celle qui porte le collectif des maires – en pleine rédaction d’un livre blanc à destination des candidats de la présidentielle de 2027 – réaffirme ses propositions face à la crise migratoire : « Je pense que le rétablissement du délit de séjour irrégulier peut être un moyen au moins de permettre aux forces de l’ordre de pouvoir amener [les migrants] dans des lieux – je ne parle pas du CRA – sécurisés, humanitaires, ces personnes afin qu’elles ne tentent pas la traversée . » Natacha Bouchart fait notamment référence à sa proposition d’interdiction aux migrants d’être présents sur la bande littorale.
Elle dénonce surtout son impuissance face à des groupes de migrants, attendant près des gares , des arrêts de bus, voire en périphérie des villes, avant de partir vers un point de départ et potentiellement à un naufrage. « Les cinq derniers jours, on a vu arriver fortement des vagues de 100-150 personnes migrantes avec beaucoup de femmes et de petits-enfants, des bébés, avec les gilets de sauvetage. Et ce qui est désolant, c’est qu’à ce moment-là, on ne peut rien faire. »