Poésie urbaine pour Eliott

 

Eliott, petit être de vies, pieds et mains complices

Ce que je te racontai sur cette place de pavés

Souviens toi, tu le sais à présent, à l’avenir

que

La ville n’existe pas

La nature a tous ses droits

Les rues sont des décors

Les chiens errants, des gentils fantômes

Et ces voitures qui sont des mirages en sucre ne roulent que pour éviter de fondre sous l’astre citron

Et que si ces gens pressés tournent en cercle, comme dans une grande ronde bien rythmée

C’est qu »Ils dansent pour oublier et parfois, oublient qu’ils dansent

Ne t’inquiète pas, Eliott, il n’y a pas d’arbres cabossés par des châssis, ni de chats qui évitent les pieds ou d’enfants oubliés aux caisses de Super Marché (une forme de super héros),
il n’y a rien de tout ce que les journaux racontent

Tu sais que le rêve est plus vrai que ce qu’on veut bien se l’avouer ? Tu verras, les adultes ont des secrets, ils remplacent le mot Vie par le mot quotidien parce qu’ils ont eu peur, un jour

Mais, en vérité, je te le redis, dans la ville vrombissante,

Il y a des prés de jade, soyeux et confortables

Il y a des vaches à peine visibles, des ânes impertinents, des oies spectatrices, des poules douces et des lapins avec des pyjamas bleus…

Il y a des jolies toitures qui se reflètent dans le ciel que tu observes

Il y a des chemins (juste en dessous du goudron bleu nuit), des grands chemins qui serpentent d’un point libre à une orée rayonnante

Il y a des étangs avec des pois vert pomme, des racines de vanille qui jouent à Colin maillard, des arbres à petits pots poires-bananes… et des allées de coquelicots parce que ta maman les aime tant

Je te le racontai, sur cette place, pendant que ta maman s’enjolivait et que ton papa tout chaleur, s’enorgueillissait d’avoir toute cette vie pour vous trois…

Dans mes bras, tu regardais l’ombre de nos pas, le sourire à demi ouvert, ta dent fière et tes yeux si francs, là

J’ai su, là, que tu avais compris que sous les pavés, il y a du sable émouvant, des rigoles de sel marin, des animaux matelots, des bateaux sur l’eau, un canal de sirop, un défilé d’insectes déguisés en tournesols…

Et tout ça, tu le savais avant que je te le dise, Eliott, tu le savais, hein ?

 

 

 

 

Milady, Ta Marraine de coeur, qui commence à t’aimer.

4 commentaires

  1. … Le petit Elliott est paré pour voir la vie en rose. Un très joli texte, Milady ! BiZouX doux. Caroline

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  2. Ce texte m’a soufflée. Il est beau, magique, coloré.

    Il ressemble à ce qu’il se passe parfois dans ma petite tête de maman quand je promène mes enfants (toujours en ville, où nous habitons).

    merci.

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