« La solitude. C’était l’unique passion réellement active qui me restait à présent, ma seule obsession véritable. J’avais acquis, du moins l’espérais-je, avec les années, les mauvaises années en particulier, une certaine patience, et je me considérais comme relativement mesuré dans mes propos, et même persévérant, vertus qui m’avaient toujours si évidemment manqué, et je voyais comme enfin révolue l’époque ou je m’épuisais en rébellions futiles. (…) À présent je menais, ou du moins en avais-je l’illusion, une guerre beaucoup plus saine, plus limitée, plus circonspecte : elle consistait essentiellement en évitements prudents et en retraites mûrement préméditées. »
(Alfred Hayes, Une jolie fille comme ça)


