Copinage et matrimoine militant – Christine Brisset par Christine Van Acker

Ma copine Christine Van Acker écrit, réalise, écoute, produit (au sens parvient à dégager du concret) des longues phrases radiophoniques et littéraires; elle m’a parlé de cette autre Christine qu’elle a rencontrée sans l’avoir croisée.

Christine (VA) a demandé autour d’elle à d’autres personnes qui, de Christine (Brisset) et de résistant.e.s, travaillent contre les ignominies. Aussi parce que Christine (VA) est ma copine et qu’on animait des ateliers d’écritures l’une à côté de l’autre l’été passé, que son atelier proposait le genre du témoignages, elle m’a demandé de témoigner à mon tour. DU coup, me voici dans sa boîte, en bonne compagnie. Merci à Christine (VA ET Brisset).

Bonnes écoutes.

Création radiophonique – 06/04/2020 – 16h – Christine Brisset ou Le peuple d’ici-bas – Christine van Acker

Brisset-244x300La madone des squatters (renommé Christine Brisset ou Le peuple d’ici-bas).  En 2018, lors d’une résidence d’écriture, à Angers, j’ai découvert l’existence de Christine Brisset. Quelques mots de la part des personnes qui m’accompagnaient dans les quartiers de Belle-Beille ont suffi pour qu’elle ne me quitte plus. Après la guerre 1940-1945, de nombreuses personnes se retrouvaient dans des conditions de vie insalubre dans les ruines des maisons bombardées. Quelques années plus tard, leur situation n’avait pas changé. Christine Brisset, Antoinette Kipfer de son nom de baptême, en fera son cheval de bataille. Ce seront 800 squats, puis la mise en œuvre d’une cité Castor. Au total, on parle de 12 000 personnes relogées grâce à sa désobéissance nécessaire. Une cinquantaine de procès, où elle se défendait, la plupart du temps, seule, ont suivi.

Nous étions à l’époque de l’appel de l’Abbé Pierre. Il est resté dans les mémoires ; elle n’est plus que le nom d’un petit square, à Angers.

Je suis donc retournée à Angers, l’année suivante, pour y déchiffrer les documents qui ont été confiés aux archives de la Ville. J’ai également rencontré Jean-Michel Arnold, son fils (mort quelques mois plus tard), ainsi que quelques-uns de ses proches. J’ai tenté de marcher dans ses pas, en m’adressant à elle. J’ai essayé de comprendre pourquoi il fallait que j’écrive à son sujet, pourquoi elle ne descendait plus de mon épaule sur laquelle elle s’était posée ? J’ai rencontré d’autres femmes qui, comme elle, continuent de désobéir (squats à Angers, hébergeuses de migrants…). Des femmes ordinaires qui n’ont pu faire autrement. Et, j’ai compris que Christine Brisset ne pourrait mourir complètement tant que la Justice restera injuste. Jusqu’à la fin des temps, j’en ai bien peur.

Intervenants :
– Jean-Michel Arnold (fils de Christine Brisset
– Catherine Bourdet (amie de la famille)
– Marie-José Jaubert (réalisatrice du film « On l’appelait Christine »)
– Jean-Luc Marais et Marie Anne Guéry (historiens)
– Milady Renoir (activiste bruxelloise)
– Frédérique Maîtreheu (coordinatrice d’un mouvement squatters à Angers)
– Christine Van Acker (productrice, réalisatrice, monteuse et autrice)
– Thierry Van Roy (Mixeur)
– Musique : Morton Feldman, Rohan de Saram, Marianne de Schroeder « Patterns in a chromatic field »

Agenda des diffusions :

– lundi 6 avril 2020 à 16h : épisode 1
– lundi 13 avril 2020 à 16h : épisode 2
– lundi 20 avril 2020 à 16h : épisode 3

Création radiophonique – 06/04/2020 – 16h – Christine Brisset ou Le peuple d’ici-bas – Christine van Acker

 

 

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