il y a deux ans et dans deux jours – exils.

Milady Renoir

12/09/2018 – texte publié sur facebook:

oui, la culture, les événements pro-migrants (des invitations sur des invitations… où le mot migrants devient art contemporain), l’Art au service d’un message, oui, évidemment, le chant tirant le ventre vers la gorge, le son de l’instrument qui met en extase, heureusement, l’image choc qui en dit trop, encore, déjà, oui, la photo des mains (une noire et une blanche entremêlées) dénoncer en likes et dislikes, et puis se rassembler, dire entre nous que c’est aujourd’hui, là, tout de suite (déjà hier en somme), que crier, parler, éduquer sont obligatoires, rien de futile, non, rien d’inutile ou de vain, à chacun.e sa voie d’accès à l’ignominie, et on doit encore sourire, et retrouver la liesse collective, n’est-ce pas… dans l’urne, les noms de qui jetterons-nous? dans leurs bureaux, les sièges de qui brûlerons-nous?à leurs égos carriéristes, à leur simulation du bien pour mieux écraser le bien commun, à leurs incommensurable cynisme, à la vague brune dont ils et elles sont les lames de fond, lames-algues toxiques qui coupent les jambes aux africain.e.s, aux arabes, aux asiatiques (non compétitifs) dont ils aiment cependant bien épuiser la terre et le corps, jonglant encore avec quelque ironie par ci, quelque « bon mot » par là.dans leurs propriétés, dans leurs actions-obligations boursières, dans leurs quotes-parts surdimensionnées, voient-ils et elles un quelconque intérêt à ouvrir leur fenêtre quand nous crions au sous-sol?c’est un texte fatigué, nauséeux, contre-productif, désabusé auquel on pourra répondre: la lutte c’est pas la victoire, auquel on s’entendra rétorquer: ah ben si même les militant.e.s baissent les bras, alors où va t-on?c’est de bras et de poings dont je manque, les miens d’abord, et ceux des non-concerné.e.s ensuite, manque de sortir de ce confort d’entre soi militant (que j’estime, qui m’offre et m’encombre à la fois), cet algorithme de confort (Facebook ou les lieux acquis), et encore, je suis une alliée privilégiée, mais mes entrechats dirigés contre une force devenue si subtile, si impalpable que j’en suis à sentir en moi une sorte de malédiction sociétale, comme un enjeu répétitif d’une République de Weimar (post crise de 1929) qui reprend corps, vampire indécis qui vante ses proies pour mieux les équarrir.tout ça n’engage finalement que ce petit moi né par là, un jour morte par ici, tout ça n’empêche que moi, ayant rôdé dans une famille ignorante, votant RPR ou FN comme le bonus de la grille du loto, tout ça n’embarrasse que moi, mère d’un fils en questions, grandissant dans une Zone à Défendre qui est son coeur-esprit, tout ça ne me retire pas les nano-marges de manœuvre, les porosités vertueuses entre les milieux sociaux que je traverse, tout ça ne me retire pas l’écriture, mes rages et mes pulsions mais souvent, je sens que ce n’est qu’une vue de l’esprit, un simple vice de procédure cérébral.

Et puis dans deux jours à La Bellone, l’évènement I AM WORRIED (23/9).Nous prévoyons une discussion publique sur les œuvres / projets s’appuyant sur les récits d’exil et les expériences des personnes exilées et les problématiques engendrées.EN présence de membres des collectifs Voix des Sans Papiers et des artistes militants.Un livestream sera proposé afin que les personnes empêchées puissent aussi écouter et participer de leurs questions e retoursRdv dès 18h ce mercredi.

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