La BiBliOlivier est donc officiellement ouverte depuis le 4 juillet 2026, ça, c’est écrit, dit, acquis.
Le 4 juillet, c’était aussi la date anniversaire du premier atelier d’écriture que j’ai animé, en 2004.
Rituel mémoriel et Passage à l’acte.

Le premier pan sous sa protection a eu lieu le weekend passé
et en quelques lignes, voici justement un peu de ce qui s’est déroulé sous nos lieux.

On s’est retrouvé·es nombreuses à l’atelier Langues de Feux, on a tiré les rallonges de la table d’écriture, poussé un mur ou deux et alimenté les jattes de café en mode perfusion.
Le premier jour, on a clôturé les lectures 2 heures après le couvre-feu prévu. Y avait de la matière brute à ciseler, des échanges sur les textes à caler. Y avait aussi des premières fois, avec des appétits et des répits.

Quand l’écriture prend feu, quels sont les empêchements et les mises à nu qui surgissent. Les claviers et cahiers ont remué les cendres et attisé (j’espère) quelques braises.

La scène ouverte a été portée par des voix nombreuses, celles des participantes de l’atelier qui ont lu des textes tout frais tout chaud écrits à l’Olivier ou des choses d’avant et d’ailleurs. Le micro a chauffé le quartier de la Petite Anatolie.

Et puis, y eu Samuel, 11 ans qui a fait tchouler 18 personnes en disant, micro dans la bouche, avec un appui fier et tendre, toute sa gratitude à sa maman combattante présente,

Maman Rosy, une des porte-paroles du Comité des femmes sans papiers a chanté Coat of many colors de Dolly Parton à capella, une chanson qui symbolise la richesse de l’amour maternel face à la pauvreté matérielle. La mère de Dolly lui avait cousu un manteau de chutes de tissu en référence au personnage biblique de Joseph.
La BiBliOlivier remercie les camarades résistant·es de lutte pour la régularisation des sans papiers d’être venu nourrir l’athanor.

Et Julie Soledad Kalza a chanté, sa tête blessée d’une sacrée chute, sa guitare récemment délaissée.
Julie et Sina ont joué, leurs vapeurs duende et mandingue ont amplifié l’aire du jardin de l’Olivier.
Sina a accompagné chaque voix de la scène ouverte, d’acuité et de justesse.

et d’autres autour des sens multiples de mots
et expressions en arabe littéraire.
PUIS, au bord de l’obscurité bleutée d’été, le quartier a tendu le tympan, le marteau et l’oreille interne quand l’espace du jardin de l’Olivier a laissé Sina Kienou, Griot rock Mandingue du Faso des Hommes Intègres et Samy Manga, roi Bantou du Continent frapper le sol. De sorte que les pas de la Justice Poétique ont martelé les pavés jusqu’aux jardins de palais royal décatis.
A vol d’oiseau, les 2 palais du petit philippe et de la petite mathilde sont à 1830 battements d’ailes de martinets (oiseau ou objet de punition?), c’est sûr que les langues de feux ont été perçues jusque dans les tombeaux de notre dame de Laeken.
V.I.T.R.I.O.L !

Quelques heures plus tard, dans le salon de la BiBliOlivier, Gloria Mukolo et Cruz Taylor sont venus rejoindre l’éco-poète pour un entretien qui inaugurera le podcast Sous nos yeux dans les mois qui viennent. La conversation a eu lieu autour de Chocolaté, autre « best-page-turner » de l’auteur.
Bientôt sur les ondes…
En attendant, il est déjà possible de lire Samy sur Afriklitt, chaîne animée par Marie-Thérèse Ambusa Mondombo qui a aussi conversé avec l’éco-poète musicien dimanche soir et avant ça.

Vers les douzes coups de midi, on a réchauffé l’attiéké, le pundu, la chèvre grillée, les bâtons et le fufu de manioc que Maman Amédée avait cuisiné avec talents et amour, ainsi que les frites du snack local avec mayonnaise pas locale. Le repas a mis les talons sous nos ventres et puis, chacun·e d’entre nous est retourné·e vaquer à ses occupations poétiques ET politiques, l’un sans l’autre, finalement, ça coagule pas.

A suivre dans le prochain épisodes des aventures de la BiBliOlivier…
