RendreContes#3 – CAUSERIE MORTELLE: combien ça coûte de mourir à Bruxelles? Activité du dimanche 4 octobre 2026 à la BiBliOlivier

Avec la SUPER présence de Florence du Collectif les Morts de la Rue et Cléo de Croque-Madame et de quelques participant·es : Quelques questions abordées puis qqs points évoqués – attention ce document reprend des éléments en VRAC sans hiérarchie, en reformulant le propos ou transcrit tel quel.

Avant-propos: de quels coûts parlons-nous… Le coût économique, le coût social, le coût émotionnel, le coût transgénérationnel, le coût cultuel, … 

  • Combien faut-il d’argent à Bruxelles pour mourir « dignement » aujourd’hui ? 
  • Si les funérailles étaient entièrement gratuites et prises en charge par la collectivité, qu’est-ce que cela changerait à notre rapport à la mort? 
  • Le combat entre un enterrement d’indigent pris en charge par la commune et l’adieu digne que défend le Collectif
  • Les conditions injustes ou absurdes dans les frais liés aux démarches funéraires actuelles
  • La façon dont une société enterre ses mort·es reflète la façon dont elle traite ses vivant·es

Article de 1992 : FUNÉRAILLES DISCOUNT: Couronnes et cercueils s’achètent sur mesure dans les rayons d’un supermarché:  A première vue, rien ne différencie cette grande surface des autres supermarchés de banlieue. Un parking coincé entre deux tours tristounettes et un tabac-PMU, quelques caddies à l’abandon: le genre de décor à vous mettre très vite le moral en berne. Ça tombe bien! On ne vient pas précisément à Fun’eclerc pour l’ambiance guillerette. En effet, ni amoncellement de cassoulet sur les rayons, ni pinard du Languedoc; pas de promo non plus sur la couche-culotte. Mais des alignements de chrysanthèmes artificiels, de couronnes, de crucifix 1er choix et de cercueils doublés satin… Ouvert en 1990, le supermarché de Créteil a donc été le premier à se consacrer au discount funéraire. Un marché vraiment juteux puisqu’il représente chaque année en France quelque 60 milliards de nos francs. Deux mille clients quotidiens à équiper pour le grand voyage: cela a fini par donner des idées à Michel Leclerc…..

  • Qui a « droit » à des funérailles publiques et mémorables à Bruxelles ? 
  • Qu’est-ce qui fait qu’un deuil devient invisible aux yeux des autres ?
  • Comment faire communauté ou réseau autour d’une personne qui meurt isolée ou sans domicile fixe ? 
  • Quelle place pour les travailleurs sociaux et les compagnons de rue quand les personnes “à la rue” meurent
  • Le cimetière… un espace public démocratique ou un miroir des inégalités sociales ?
  • le deuil empêché et la charge mentale – qui peut porter?
  • Comment vit-on un deuil quand on n’a pas accès au corps, à un rituel ou à une sépulture physique ? (ex. période COVID + territoires en guerre, en épidémie, en insécurité…
  • Est-ce que s’occuper administrativement et matériellement de la mort d’un proche aide à faire son deuil, ou est-ce que cela l’anesthésie ?
  • Qu’est-ce qu’un « bel adieu »… Une question de temps, de moyens, de célébrations “visibles”, de larmes ou de souvenirs ? 
  • Comment apprivoiser la peur ou le tabou de la mort dans notre quotidien bruxellois ? occidental? urbain?
  • Quels gestes et rites depuis les personnes en présence (Islam du Sénégal, Bamiléké au Cameroun, Sicile Vs Nord de l’Italie, Turquie, Maroc, …)
  • Comment réinventer les métiers du funéraire pour qu’ils soient guidés par l’humain et la solidarité plutôt que par le profit ?
  • La législation bruxelloise, le rôle des CPAS et des communes et des “simplifications” procédurières en temps de capitalisme

INTERLUDE: chanson de Hubert-Félix Thiéfaine: youtube.com/watch?v=PTdU4Vx1MbE
La maison Borniol (℗ 1978 Sony – Remastered 2018) … tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s’émouvoir...

“Hé y a quelqu’un ?
Oh y a quelqu’un ?
C’est moi, Borniol
Et je viens livrer le cercueil
Si vous m’payez un coup d’alcool
Ben moi, j’vous fait les clous à l’œil
Ouais c’est moi, Borniol
Service rapide et je contente
Même la veuve du guignol
Vu que je fais le service après-vente

Les temps sont durs
C’est pas mariole
Vivement que revienne le choléra
Je pourrai changer de chignole
Et me payer le cinéma
Et si le choléra marche bien
Je pourrai faire des folies
J’agrandirai mon magasin
Et je prendrai des apprentis

Je serai la maison Borniol
Le supermarché de la mort;
Cercueils à fleurs pour les pauvres mômes
Et à roulettes pour les vieillards
Je serai la maison Borniol Borniol Borniol
Maison Borniol
Maison Borniol
Bières, cercueils, catafalques
Maison Borniol
Maison Borniol
Demandez notre catalogue automne, hiver
Maison Borniol
Maison Borniol
15% d’réduction sur suicides collectifs
Maison Borniol
Maison Borniol

  • La situation des personnes sans-papiers cristallise la violence de la relégation sociale, qui se poursuit de manière implacable au-delà du dernier souffle. Double peine de l’invisibilité, l’exil, et le dilemme du rapatriement au milieu de la table

L’invisibilité administrative et le rapatriement bloqué: Malick, de nationalité guinéenne, a vécu 8 ans à Bruxelles sans titre de séjour stable. Il s’est forgé un solide réseau de solidarité au sein d’une occupation et auprès de collectifs de quartier. Il meurt subitement d’un arrêt cardio-respiratoire en rue. Ses compagnons de lutte  connaissent sa famille au pays et savent que son souhait le plus cher était d’être enterré auprès des siens. Cependant, Malick n’a aucune pièce d’identité officielle valide sur lui. L’ambassade exige des documents administratifs introuvables à Bruxelles pour délivrer un laissez-passer mortuaire. Sans cela, la commune de Bruxelles s’apprête à organiser des funérailles d’indigent (inhumation anonyme en terrain non concédé).

  • L’exil et le dilemme du rapatriement : partir ou rester ? Quand on a passé sa vie ou ses dernières années ici sans-papiers, où est sa « vraie » place pour mourir ? Est-ce qu’on doit être rapatrié au pays d’origine ou reposer dans la terre bruxelloise qui a été le quotidien, aussi brutal ait-il été…
  • Financer un rapatriement du corps coûte des milliers d’euros et met souvent les familles restées au pays dans une précarité extrême. Comment arbitrer entre le devoir culturel/familial du retour et la réalité économique ?
  • Comment faire le deuil à distance pour les familles restées au pays quand le corps ne revient pas, ou qu’il n’y a pas d’images, pas de récits sur les conditions de la mort à Bruxelles ?
  • La bureaucratie et la violence de l’identité: La mort administrative d’un sans-papiers exige des documents (actes de naissance, passeports) souvent impossibles à obtenir rapidement auprès des ambassades. Violence administrative qui continue de nier l’existence d’une personne même après sa mort… ou qui “octroie” un laissez-passer une fois la personne morte. 
  • Comment réagir face au risque qu’un défunt soit enterré sous X ou de manière totalement anonyme à cause du manque de papiers officiels, alors que ses compagnons de rue ou ses proches connaissent son prénom et son histoire. 
  • Quels risques de visibiliser une réalité de la personne sans papiers auprès de sa famille au pays qui n’a peut-être pas eu des compréhensions voire des descriptions de sa réalité? Quel accompagnement pour ces proches? D’où des réseaux de solidarité, des rituels et réseaux de substitution familiale – sociale. Qui compose la « famille choisie » ou le réseau de deuil d’une personne sans-papiers à Bruxelles (collectifs, colocataires de squat / membres des occupations / compatriotes (si confiance), travailleuses sociales) ? Comment leur donner une place légitime dans l’adieu face aux autorités ? Comment organiser un rituel digne et respectueux des croyances ou de la culture d’origine du défunt quand on dispose de très peu d’informations sur sa vie d’avant l’exil ? Est-ce que les collectifs de solidarité et les pompes funèbres éthiques ont aujourd’hui le rôle de « consulats humains » pour compenser l’absence de l’État ? »
  • Quelle sacralité du corps, de la chair, des os… devons-nous préserver? Quid de conserver des os humains chez soi?

Le Famadihana : le retournement des corps – Définition : Une cérémonie festive d’exhumation des ancêtres pour changer leurs linceuls de soie (lamba). [1, 2] Période : Il se déroule durant l’hiver austral, de juin à septembre (saison sèche). [1, 2] Déclencheur : Un membre de la famille rêve d’un ancêtre qui exprime le froid, ou une date fixée par un astrologue traditionnel (mpanandro). [1, 2] Déroulement : On sort les ossements du tombeau, on les enveloppe de nouveaux tissus de soie, et on danse avec eux en musique au cours d’un grand festin (partage de riz, de viande de zébu et de rhum). [1, 2] Croyance : Les ancêtres (razana) ne sont pas partis pour toujours ; ils veillent sur les vivants et peuvent leur accorder bénédiction et fertilité. [1, 2] La place des ancêtres et les autres  coutumes:  Le lien avec l’au-delà : Dans la culture malgache, les ancêtres servent de médiateurs entre les vivants et le Créateur (Zanahary / Andriamanitra). La diversité régionale : D’autres ethnies ont des pratiques différentes, comme les sacrifices de zébus en grand nombre chez les Antandroy ou des funérailles spécifiques chez les Bara et les Sakalava. [1] Le déclin de la pratique : Aujourd’hui, le Famadihana tend à diminuer en raison de son coût très élevé pour les familles et de l’influence du christianisme. [1, 2] 

  • Donner son corps à la science, et pourquoi pas à l’art – mention de l’artiste Martin Uit den Bogaard, figure majeure internationale du bio-art, célèbre pour sceller des matières organiques (comme des restes biologiques ou des animaux morts) dans des urnes ou caissons de verre. Il y place des électrodes captant l’énergie générée par le processus éthique et naturel de décomposition, transformant cette activité biologique en sons ou en graphiques sur ordinateur. [1, 2, 3] et de faire le don de son corps à l’art. Dans le film CELLS, il est question de sa quête sur le plan juridique et éthique d’obtenir les droits sur son propre corps afin qu’après sa mort, sa dépouille serve à sa toute dernière œuvre d’art biologique. Le film explore la confrontation avec les lois (l’État reprenant généralement le contrôle des dépouilles) et le tabou occidental autour de la mort. [1, 2]
  • Usage et abus de la Thanatopraxie (embaumement?)
  • En Belgique, le délai de 24h minimum est requis pour enterrer qq1
  • Récit de certificats de décès pré-remplis par un “médecin” et gérés par la police en fRance
  • Mention de personnes de confession juive demandant une crémation en écho à la Shoah
    La notion de « crémation juive en hommage à la Shoah » repose sur un profond paradoxe théologique et historique. Dans la tradition juive, la crémation est strictement interdite, et la mémoire de la Shoah renforce cette opposition. La relation entre la crémation, la loi juive et le souvenir de la Shoah s’articule autour de principes clés :L’interdiction stricte de la crémation dans le judaïsme / La loi juive traditionnelle (la Halakha) prescrit l’inhumation intégrale du corps dans la terre. La crémation est formellement bannie par les courants orthodoxes et conservateurs pour plusieurs raisons : Le respect du corps : Le corps humain est considéré comme sacré, créé à l’image de Dieu, et prêté à l’homme. Il ne doit être ni profané, ni mutilé, ni détruit. La foi en la résurrection : L’incinération s’oppose à la croyance fondamentale en la résurrection des morts, selon laquelle l’âme réintègrera le corps à l’ère messianique.  En conséquence, les autorités religieuses traditionnelles refusent généralement la toilette rituelle (Tahara) et l’accès aux cimetières juifs pour les personnes ayant choisi d’être incinérées. Seul le courant réformé (libéral) fait preuve d’une tolérance au nom de l’autonomie individuelle, sans pour autant encourager cette pratique. Durant la Shoah, des millions de Juifs ont été privés de sépulture et réduits en cendres contre leur gré et en violation totale de leurs lois religieuses. Le rejet symbolique : Pour l’immense majorité des Juifs, la crémation volontaire ravive le traumatisme de la destruction des corps par le régime nazi. Elle est perçue par beaucoup comme une reproduction symbolique de ce que les bourreaux ont infligé aux victimes. Les rituels de commémoration: La récitation du Kaddish : Prière des morts récitée collectivement lors de cérémonies de mémoire (comme le Yom HaShoah ou la Hazkarah). L’allumage de bougies : L’allumage de veilleuses (Yahrzeit) symbolise l’éternité de l’âme face à la disparition du corps. Les mémoriaux : Des espaces de recueillement portent les noms des disparus afin de leur redonner l’identité individuelle que les nazis ont tenté d’effacer par les cendres.
  • Enterrements Prématurés – William Tebb – livre numérique sur https://archive.org/details/prematureburialh00tebb – P144: le danger des enterrements pressés:
  • “Signes positifs de mort ou signes négatifs de vie” pour reconnaître que la personne est bien morte
  • Enfant, il arrive qu’on soit dans une fascination morbide qui bascule à un rejet quand l’émotionnel est saisi lors de la mort de QQ1 de proche
  • Cimetière de Milan et lieux de sépulture où le transfuge de statut de classe est montré après la mort, parfois par “revanche” sociale – économique:
  • L’en-feu interdit en Belgique: Un enfeu dans un cimetière est un caveau funéraire hors-sol (ou case en élévation) destiné à recevoir un ou plusieurs cercueils, semblable à un casier superposé. Il s’agit d’une niche ou d’un tiroir en béton ou en pierre, surélevé par rapport au sol, souvent disposé sur plusieurs niveaux (comme une “ruche”)
  • B. mentionne que chez elle (Bamaléké), on enterre ses morts là où la personne veut, et parmi les vivants – B. parle aussi du culte des crânes pratiqué dans l’ouest du Cameroun.
    Il repose sur la croyance que certains défunts deviennent des ancêtres capables de protéger leurs descendants. Plusieurs années après l’inhumation (environ 5 ans), le crâne du défunt peut être retiré de la tombe sous la conduite d’un ancien ou d’un initié. Placé dans un récipient, il est installé dans une case familiale consacrée aux ancêtres. Il représente alors la présence du défunt au sein de sa lignée. Dans cette case, les descendants accomplissent des prières, des libations et des offrandes d’huile de palme, de vin, de sel ou d’aliments. Ils sollicitent les ancêtres pour la santé, la fécondité, le travail, les successions ou la résolution de conflits. Le crâne sert ainsi de support matériel à la mémoire du défunt et à sa relation avec les vivants. Lorsque le crâne ne peut être retrouvé, une pierre peut le remplacer. Les règles varient selon les chefferies et les lignages.
  • En Belgique, malheureusement, l’élément le plus important est le cercueil dans l’enterrement – les prix varient (en pin environ 150€  jusqu’à 1200) alors qu’on peut le faire soi-même – en fRance, cercueil obligatoire. Les funérailles créent parfois des dettes sur plusieurs générations. 
  • Quid aussi des pratiques des objets mémoriels tels que les reliquaires, les urnes cendres qui perpétuent le business de la mort
  • Question des concessions: à perpétuité – provisoire= exhumation de confort- quand la famille veut déplacer le corps ou crématisé
  • Quand les exhumations sont faites par la Commune, les corps sont déposés dans un ossuaire
  • Il n’y plus de fosse commune? Mais si les ossuaires sont mal gérés, qqch du “charnier” apparaît…
  • Le Collectif des Morts de la rue a planté place de l’Albertine un cerisier du Japon pour arbre de mémoire (proche gare centrale) – Qui prend en charge, quel accompagnement pour les mort·es de la rue?
  • Pas de limite dans le temps pour les dernière volontés de la personne – le collectif a créé un document de dernières volontés qui ouvrent une transmission possible aux proches en dehors des admnistrations et études notariales
  • grâce au travail du Collectif des mort·es de la rue – TOUTES les tombes sont identifiées à présent (dans les faits, moins quand plus personne ne “regarde”)
  • y a pas de “carré” des indigents mais des
    concession de diverses durées (50 ans) puis durées intermédiaires (10, 15, 30.. selon les cimetières)
  • la loi de salubrité oblige à enterrer tout corps, hors de statut admin
  • des communes ont ouvert des appels d’offre pour sous traiter les enterrements: Forest n’a plus de fossoyeurs “communaux” (scandale en 2016: Les quatre fossoyeurs communaux ainsi que le jardinier auraient organisé des barbecues ou encore des « jeux sexuels » sur les tombes et avec les corps des défunts: Le conseil communal de Forest a pris mardi soir des mesures disciplinaires à l’encontre de quatre fossoyeurs et un jardinier soupçonnés de non-respect des lieux de sépulture. Trois d’entre eux ont été licenciés tandis que les deux autres ont écopé d’une retenue sur salaire pendant trois mois, a indiqué mercredi la commune de Forest, confirmant ainsi une information parue sur le site du quotidien la Dernière Heure. Les quatre fossoyeurs communaux de Forest ainsi que le jardinier qui travaillait également au cimetière de cette commune, faisaient l’objet d’une procédure disciplinaire car ils étaient soupçonnés de non-respect des lieux de sépulture. Des barbecues, des vols et des « jeux sexuels » sur les tombes et avec les corps leur auraient notamment été reprochés.
  • INDIGENT: Qui se trouve dans l’indigence, c’est-à-dire dans un état de grande pauvreté et de privation des ressources de base
  • le collectif des mort·es de la rue tente de replacer du “rituel” suite à la mort des “indigents”
  • par défaut, c’est l’enterrement qui est de mise pour toutes les personnes indigentes en FWB – la Flandre change doucement vers la crémation par défaut
  • Le comité de BioEthique ne se prononce pas encore mais à priori, la crémation devient le modèle opératoire pour les personnes dites indigentes et aussi pour les autres, comme pratique “plus simple”.
  • Dans les personnes mortes de la rue, la moitié des frais funéraires est prise en charge par les proches – moins de la moitié des personnes est enterrée en indigent. Les communautés soutiennent les funérailles, avec rapatriement, la condition est qu’il faut un contact avec la famille au pays – parfois les ambassades prennent une part des rapatriements en charge 
  • “la “gestion” des cimetières comme des parkings et des morts comme des déchets”
  • L’Institut Médico-Légal (morgue) quand c’était au centre ville avec une chapelle, avec salon de présenter les corps était un lieu de rencontre et de recueillement, maintenant, c’est à Evere dans un bâtiment vieux avec des boxes et des frigos et très peu d’accueil:
  • la formation au métier de pompe funèbre est très peu encadrée (beaucoup de vieux blancs bruxellesformation.brussels/catalogue-de-formations/agent-de-pompes-funebres-determination-ciblee/ + validation des compétences: fossoyeur 
  • Dans le dernier cours référentiel du métier, la toilette (soin) est passée du chapitre “prise en charge du défunt”  à celui de l’hygiène, ce qui réduit considérablement la portée du soin aux défunt·es
  • Banque des terres – Notre Dame du Bon Secours
  • Quelles sont les alternatives aux services funéaires traditionnels? Comment éviter la Bolloréisation des rites funéraires? RockElerc – OGF – monopole des (SERENI – lesfunérailles.be ) des groupes des pompes funèbres
    en fRance; des coopératives des pompes funèbres existrnt (voir Nantes) en Bekgique, 2 existent et une en projet
  • Quid de la sécurité sociale de la mort? frais remboursés quelque soit les choix, que de replacer les services funéraires en nationalisation plutôt qu’en privatisation
  • Les frais de funérailles ne sont pas pas remboursés alors que ceux de la  naissance sont remboursés (sous couvert de mutuelle!) 
  • COmment recouvrer l’agentivité des proches lors des funérailles : pour rappel, on peut déclarer le décès à la commune soi-même, trouver un transport de cercueil adapté soi-même, fabriquer une boîte en bois avec couvercle soi-même (pas de normes spécifiques sauf dans certains cas de maladies contagieuses), on peut choisir les couronnes, les fleurs, les cartes et avis de décès aussi soi-même… et aussi revenir ou proposer une veillée d’une personne morte afin de refaire corps social autour du deuil et de traverser les étapes depuis une souveraineté individuelle et collective autour du rite.
  • Quid du post mortem et de la capitalisation de l’émotion et du temps pour finalement subir les abus de l’après où le corps est retiré du processus de deuil et de la mort. (photos post mortem). 
  • La thanatopraxie ou l’embaumement s’emparent des corps et du processus de décomposition pour le “retenir”, le détourner, comme par ‘magie”, alors on retire à ces corps l’aspect de la mort des corps, le rapport du vivant à la mort, le réel de la décomposition. 
  • Le capitalisme et le mécanisme de surveillance qui a surgi pendant le covid ont changé les pratiques des funérailles avec le nombre de personnes admises et la durée de la cérémonie, … 
  • Lors du salon des funérailles, des pratiques “instagramables” émergent, jusqu’à un QR code sur les tombes pour que la vie de personnes soit “repérable” / “spectaculaire” (donc réécrite)
  • Le deuil est un événement collectif et pas segmenté selon des “étapes” ou des obligations morales. Même s’il manque souvent en Belgique et en fRance les signes de la période après le deuil (ruban noir, voilette, vêtements, ..)
  • L’origine des “5 étapes du deuil”, à l’origine, ce modèle concernait uniquement le deuil de soi-même face à sa propre mort imminente, et non les proches endeuillés (les vivants).: Élisabeth Kübler-Ross a formalisé ces 5 étapes à la suite d’entretiens menés avec des patients en phase terminale et atteints de maladies incurables à l’université de Chicago. Elle cherchait à décoder le cheminement psychologique d’un individu qui apprend sa propre condamnation et doit apprivoiser l’arrêt de sa propre existence. Les étapes (Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation) prennent tout leur sens dans cette situation précise : par exemple, le marchandage consiste initialement à négocier un sursis avec Dieu ou les médecins pour vivre un dernier événement (un mariage, une naissance). Le modèle a ensuite été extrapolé et appliqué à tort par le grand public, les médias, et même certains professionnels, pour définir la trajectoire linéaire que « devraient » suivre les personnes qui perdent un proche. Pourtant, la recherche moderne en psychologie s’accorde aujourd’hui à dire que le deuil des vivants ne suit absolument pas ces étapes rigides. Il s’agit plutôt d’une oscillation d’émotions imprévisibles, et d’autres approches (comme le modèle du double processus de Stroebe et Schut) s’avèrent bien plus adaptées pour décrire la réalité de ceux qui restentLa source exacte de ce modèle est l’ouvrage de la psychiatre suisse Élisabeth Kübler-Ross, intitulé On Death and Dying (traduit en français par Les derniers instants de la vie), publié en 1969. 
  • RDV aux journées organisées par l’asbl Compostez-moi dont le but est d’obtenir l’introduction dans le droit belge d’un nouveau mode de sépulture alternatif à l’inhumation et la crémation : le compostage funéraire. Ce procédé permet, en quelques semaines, de transformer le corps en compost, offrant ainsi un juste retour à la terre qui nous a nourris. L’ASBL tente également de définir un modèle économique permettant l’accès à ce mode de sépulture au plus grand nombre – compostez-moi.be/ – podcast à écouter: auvio.rtbf.be/emission/compostez-moi-28335 

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RDV à la Convention « Et si on compostait nos morts ? » (2e édition) – facebook.com/compostezmoi/  

  • Dates : Vendredi 9 et samedi 10 octobre 2026
  • Lieu : Louvain-la-Neuve (billetterie et inscriptions via WeTicket ou le site officiel Compostez-moi ! Bio Site) [1, 2, 3]
  • Vendredi 9 octobre : Axé sur la science, l’information et le soin dans le secteur funéraire, avec notamment la projection du film Ceux qui veillent. [1]
  • Samedi 10 octobre : Consacré à l’écologie funéraire, la justice sociale et la découverte du scénario du compostage, incluant la projection du film Res Nullius, des conférences et des expositions. [1, 2]

IL A ETE CONVENU QU’UNE SECONDE CAUSERIE MORTELLE AURAIT LIEU à la BiBliOlivier – date à poser en 2027

BiBliOGraphie de la BiBliOlivier et plus avec infinité:

  • Cadavres et pauvreté – E. Anstett & A. Carol (Presses Universitaires de Provence, 2025)
    Ce que le livre apporte : Cet ouvrage collectif analyse de manière historique et anthropologique comment la précarité matérielle se prolonge post-mortem. À travers l’étude des fosses communes ou des sépultures d’indigents, il montre que l’accès manqué aux rituels traditionnels constitue l’ultime étape de l’exclusion sociale.
  • Ritualiser la mort – D^r François Damas (Éditions De Boeck, 2023)
    Ce que le livre apporte : Écrit par un médecin intensiviste belge de premier plan, ce livre interroge la transition du deuil à l’ère de l’euthanasie légale. Il offre des pistes concrètes pour réinventer des gestes et des rituels autour du choix de la fin de vie, en remettant l’humain et la bienveillance collective au centre du processus.
  • Au-delà des frontières, la mort – C. Kobelinsky & J. Sales (Ouvrage collectif)
    Ce que le livre apporte : Cette recherche explore la gestion bureaucratique et le coût exorbitant des rapatriements funéraires pour les personnes exilées. Elle met en lumière le déchirement des familles à distance et la violence symbolique exercée par les frontières administratives, qui privent souvent les sans-papiers d’une sépulture là où s’est déroulée leur vie.

Empruntables à la BiBliOlivier:

Articles et podcasts Belges

  1. L’émission Studio 156 – « Le Dr François Damas face à la mort apaisée » (Disponible sur RTBF Auvio): Un grand entretien radio-vidéo particulièrement humain et sans tabou sur la pratique de l’euthanasie en Belgique. Le Dr Damas y raconte comment accompagner la fin de vie d’une personne demande autant de soin pour le patient que d’écoute pour son entourage social.
  2. Le podcast Transversales – Épisode « Tu le leur diras » (Disponible sur RTBF Auvio)- Une production de Viviane de Laveleye qui aborde la transmission, la mémoire et le deuil. (Note de terrain : Les équipes et bénévoles de Croque-Madame et du Collectif des Morts de la Rue gravitent régulièrement autour de ces partages d’expériences liés à la mémoire des invisibles bruxellois).
  3. L’audio-reportage de Tendances Première – « Le Dossier : Anthologie du deuil positif » (Disponible sur RTBF Auvio): Un éclairage sur les initiatives belges qui cherchent à dépoussiérer le secteur funéraire, à désacraliser l’angoisse de la mort administrative pour proposer des approches plus solidaires et douces, très proche de la philosophie de Croque-Madame.

D’autres questions préparées mais pas abordées ce 4 octobre:

La loi belge permet de choisir sa fin de vie, mais peut-on réellement exercer ce choix de manière libre et éclairée quand on vit à la rue, sans médecin de famille régulier et sans accès aux soins de santé de base ?

  • Pour demander l’euthanasie, il faut une demande écrite, réitérée, et le constat d’une souffrance inapaisable liée à une pathologie grave. Comment fait-on pour traverser ce processus administratif complexe quand on est sans-papiers ou en situation de relégation sociale ?
  • L’euthanasie est-elle un droit réservé à ceux qui ont un domicile stable et un réseau de soins de santé structuré ?
  • L’euthanasie à l’hôpital ou en maison de repos est courante. Mais où et comment meurt une personne sans-abri qui formule cette demande ? Les structures d’accueil ou les squats bruxellois sont-ils préparés à accompagner dignement ce choix ?
  • Quel est le rôle des équipes de soins palliatifs mobiles ou des réseaux associatifs lorsqu’un usager de la rue exprime le souhait d’abréger ses souffrances de manière légale ? 
  • Souffrance physique vs souffrance sociale: La loi parle de « souffrance physique ou psychique constante et insupportable ». Comment les médecins font-ils la part des choses entre la souffrance médicale et la détresse sociale ou la lassitude d’une vie de privations à la rue ?
  • Est-ce que le manque de perspectives d’une vie digne (sans papiers, sans logement, sans droits) peut devenir une motivation invisible derrière une demande d’euthanasie ? Comment l’éthique médicale doit-elle y répondre ?
    Le droit à l’euthanasie à l’épreuve du sans-abrisme: Chantal, 54 ans, vit en rue et en hébergement d’urgence depuis plusieurs années. On lui diagnostique un cancer du poumon métastasé et incurable. Elle exprime fermement et à plusieurs reprises auprès d’une infirmière de rue sa volonté de demander l’euthanasie, car ses souffrances physiques deviennent intolérables et la vie en rue aggrave son agonie. Pour acter la demande, la loi exige un suivi médical coordonné et l’évaluation d’un médecin indépendant. Mais Chantal n’a pas de médecin traitant fixe, ses dossiers médicaux sont éparpillés entre plusieurs hôpitaux publics bruxellois, et elle n’a pas de ‘chez-soi’ stable où entamer sereinement une démarche de fin de vie ou une hospitalisation prolongée sans se sentir piégée.
    La définition légale: L’euthanasie est l’acte pratiqué par un médecin tiers qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande expresse de celle-ci. [1, 2]
  • Note terrain : En Belgique, le suicide assisté (le fait de fournir le produit pour que le patient l’absorbe seul) n’est pas formalisé par une loi distincte comme en Suisse, mais dans la pratique médicale belge, si toutes les conditions de la loi euthanasie sont réunies, le médecin peut soit injecter le produit, soit superviser son ingestion par le patient. [1]
    Les 3 critères de fond obligatoires (Majeurs): Pour qu’une demande soit recevable, le médecin doit attester que le patient remplit simultanément ces trois critères : [1]
  1. La capacité et la conscience : Le patient doit être majeur (ou mineur émancipé), conscient et capable juridiquement au moment de sa demande. La demande doit être volontaire, réfléchie, répétée et formulée sans pression extérieure. [1, 2]
  2. La situation médicale sans issue : Le patient doit être atteint d’une affection médicale grave et incurable (provoquée par une maladie ou un accident). [1]
  3. La souffrance inapaisable : Le patient doit faire état d’une souffrance physique ou psychique constante, insupportable, et qui ne peut pas être soulagée. [1]

Exemples d’invitations à des causeries mortelles: 

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